PORT-AU-PRINCE, mardi 30 septembre 2025 (RHINEWS)– Le Président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, a qualifié d’« un tournant décisif » le vote du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptant une résolution créant une Force de suppression des gangs (GSF), issue de la transformation de la Mission multinationale de soutien à la police (MMAS). Selon lui, cette décision marque une étape majeure dans la lutte contre les groupes armés qui « endeuillent nos familles, paralysent notre économie et menacent l’avenir de notre Nation ».
Dans un communiqué, Laurent Saint-Cyr a exprimé sa « profonde gratitude aux pays membres du Conseil qui ont soutenu cette résolution », en citant particulièrement les États-Unis et le Panama, porteurs de l’initiative. Il a rappelé que ce vote couronnait « les plaidoyers intensifs menés auprès des partenaires internationaux », notamment lors de la 80e Assemblée générale de l’ONU. « Le cri d’alarme lancé à la tribune des Nations Unies sur l’urgence absolue de rétablir la sécurité en Haïti a été entendu », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a réaffirmé son engagement, « aux côtés de ses collègues du CPT et du Gouvernement, à œuvrer sans relâche pour le rétablissement de la sécurité », qu’il a décrite comme « l’exigence première du peuple haïtien ». Il a souligné que la sécurité est « la condition indispensable pour assurer la libre circulation des personnes et des biens, permettre le retour des déplacés internes, relancer les activités économiques et, surtout, organiser dans les meilleurs délais des élections crédibles, inclusives et transparentes ».
De son côté, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a également salué l’adoption de la résolution, la qualifiant de « levier stratégique pour brider la violence des gangs et protéger la population haïtienne ». La force prévue pourra mobiliser jusqu’à 5 500 personnels, incluant policiers et militaires, épaulés par un Bureau de soutien de l’ONU chargé de coordonner l’efficacité opérationnelle de la mission.
Fils-Aimé a adressé des remerciements « aux États-Unis d’Amérique, pour leur engagement indéfectible et leur rôle central dans la conception et le soutien de cette initiative cruciale pour la sécurité nationale », ainsi qu’au Panama « pour sa coopération exemplaire dans la transition de la MMAS vers une force renforcée ». Il a cité le soutien du Standing Group – notamment le Salvador, le Guatemala, la Jamaïque et les Bahamas – ainsi que « l’accompagnement fidèle » du Kenya.
Le Premier ministre a également salué Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, et le Conseil de sécurité « pour leur soutien constant et leur confiance », tout en soulignant le rôle des pays de la CARICOM et de l’OEA « pour leur engagement en faveur de la sécurité régionale ». Concernant l’abstention de la Russie et de la Chine, le communiqué a souligné que ce choix « a néanmoins permis l’adoption de cette résolution historique, illustrant la responsabilité partagée de la communauté internationale dans la recherche de solutions durables ».
Le gouvernement haïtien a conclu en réaffirmant sa volonté de « coopérer pleinement avec cette force internationale et tous ses partenaires, dans le respect absolu de la souveraineté nationale », avec pour objectif de « restaurer l’ordre, la sécurité et la confiance dans les institutions de l’État, tout en œuvrant à la construction d’un avenir stable et prospère pour l’ensemble de la nation haïtienne ».

