NIAMEY, (Niger), jeudi 2 juillet 2026 (RHINEWS)– Le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont formalisé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), en adressant au secrétaire général des Nations unies des notifications officielles actant leur sortie de l’institution judiciaire internationale, une démarche coordonnée présentée comme une contestation de ce que les trois États décrivent comme une justice « sélective » et politisée.
Selon plusieurs sources concordantes, les autorités des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont franchi l’étape administrative décisive en notifiant leur retrait du Statut de Rome, texte fondateur de la CPI, après une série de déclarations communes dénonçant depuis plusieurs mois le fonctionnement de la juridiction internationale basée à La Haye.
Les gouvernements du Niger, du Mali et du Burkina Faso reprochent à la CPI un traitement jugé inéquitable des situations de conflit et l’accusent de servir, selon leurs termes, des intérêts politiques au détriment de la souveraineté des États africains. Dans leurs communications antérieures, ils ont qualifié l’institution d’« instrument de répression néocoloniale », une position déjà évoquée lors des premières annonces de rupture diplomatique avec plusieurs mécanismes multilatéraux occidentaux.
La notification adressée au secrétaire général de l’ONU marque une étape procédurale clé, même si le cadre juridique du Statut de Rome prévoit généralement un délai d’un an avant l’entrée en vigueur effective du retrait, période durant laquelle certaines obligations demeurent applicables.
Du côté de la CPI, la présidence de l’Assemblée des États parties a exprimé son regret face à ces décisions, estimant qu’elles pourraient affaiblir les efforts internationaux de lutte contre l’impunité et compromettre la coopération judiciaire mondiale en matière de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Cette décision collective intervient dans un contexte de recomposition diplomatique des trois pays sahéliens, déjà engagés dans une rupture progressive avec plusieurs organisations régionales et internationales, et dans un repositionnement stratégique au sein de leur coopération sécuritaire et politique.

