Mémoire insoumise : Hugues Célestin appelle à ressusciter l’esprit de Bois Caïman face à la trahison des élites…

Hugues Celestin, Sociologue et ancien depute de Quartier-Morin...

QUARTIER-MORIN (Nord), lundi 18 août 2025 (RHINEWS) – Dans une prise de position enflammée à l’occasion du 234ᵉ anniversaire du Congrès de Bois Caïman, le sociologue et ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, a dénoncé la trahison des élites haïtiennes et la manipulation religieuse qui, selon lui, continuent de maintenir le pays dans une « servitude dorée ».

« Le 14 août 1791, des esclaves affamés de liberté se rassemblèrent dans le secret pour organiser ce que l’histoire hésite encore à nommer clairement : le Congrès de Bois Caïman », a rappelé Célestin. À ses yeux, cet événement fut « la praxis de la révolution, le triomphe de l’intelligence collective et de la solidarité, le laboratoire clandestin de stratégie de la première lutte anti-esclavagiste moderne ».

Évoquant les figures de Dutty Boukman et Cécile Fatiman, il souligne que « ces prophètes de l’insoumission brandissaient la promesse de liberté comme un flambeau sacré ». Selon lui, leur serment représentait à la fois un rituel mystique et une déclaration de guerre contre « un ordre inhumain que les armées coloniales n’avaient pas prévu ».

Pour Hugues Célestin, la mémoire de Bois Caïman contraste avec l’attitude actuelle de certaines autorités. « Deux siècles après, nous voilà de nouveau à genoux, non pas devant les loas de la liberté, mais devant la Vierge des colonisateurs », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation religieuse.

Il a vivement critiqué la récente visite du président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Lesly Voltaire, au Vatican. « Une supplique pathétique demandant à la Vierge de réparer ce que l’État, complice et soumis, organise lui-même », a-t-il fustigé.

Le sociologue a également dénoncé le financement public des fêtes mariales : « Cent millions de gourdes pour les fêtes de Notre-Dame ! Le culte marial devient ainsi la caissière céleste des bamboches officielles », a-t-il accusé.

Nom­mant certains responsables, il a qualifié Louis Gérald Gilles « d’artisan en chef de l’opération mains basses sur la BNC », accueilli « avec les honneurs réservés à un chef d’État ». Il a aussi pointé du doigt Smith Augustin, « conseiller-président et membre du gang LGG », qui selon lui s’exhibe « escorté par ses gorilles, exhibant un pouvoir prétendument illimité ».

L’incident survenu à Ouanaminthe, où l’activiste Lapierre A. a été agressé après avoir traité Smith Augustin de « braqueur », illustre selon Célestin la dérive du pays : « Haïti est devenu le comptoir mondial du marché noir de la dignité. La douleur s’achète, l’humiliation se vend, et les bourreaux deviennent partenaires d’affaires. »

À ses yeux, célébrer Bois Caïman aujourd’hui doit dépasser la simple mémoire. « Honorer le 234ᵉ anniversaire ne consiste pas à s’incliner devant le passé, mais à déclencher l’action, à transformer les symboles en armes et l’histoire en guide », a-t-il insisté.

Son appel est sans équivoque : « Assez de compromis ! Assez de servitude ! L’histoire se venge des peuples qui se résignent et tolèrent l’injustice. »