PORT-AU-PRINCE, mercredi 7mercredi 7 octobre 2026 (RHINEWS)- L’avocat et docteur en droit Guerby Blaise estime que les nouveaux codes pénal et de procédure pénale haïtiens ne pourront pas entrer en application en janvier 2027 et prévient qu’une mise en œuvre dans les conditions actuelles risquerait, selon lui, de favoriser davantage la corruption et l’impunité au sein de l’État.
« Les codes pénal et de procédure pénale ne pourront pas être appliqués en janvier 2027 », affirme Me Blaise dans une série de déclarations consacrées à la réforme de la justice pénale et à la situation politique et électorale du pays.
Le pénaliste soutient que les conditions institutionnelles et judiciaires nécessaires à l’application des deux textes ne sont pas réunies. Cette position s’inscrit dans la continuité des réserves qu’il exprime depuis plusieurs mois à propos de la réforme pénale. Il a notamment plaidé pour la mise en place préalable d’un système national de casier judiciaire et soulevé la question de la création constitutionnelle des juridictions prévues par les nouveaux codes. Dans une récente prise de position, il a estimé que la formation des professionnels du droit ne suffisait pas, à elle seule, à garantir l’efficacité de la réforme. (LinkedIn)
Me Blaise va plus loin en mettant en garde contre les conséquences qu’aurait, selon son analyse, une entrée en vigueur des deux codes sans correction des problèmes qu’il dénonce. « Si le peuple haïtien a le malheur de laisser appliquer ces codes, c’est alors que la corruption et l’impunité vont se généraliser dans l’État », affirme-t-il. Cette appréciation relève de l’analyse du juriste et ne constitue pas, en elle-même, un constat judiciaire établi.
Ses critiques portent également sur la conduite des affaires publiques. « Le gouvernement continue de se moquer du peuple parce que la société civile et la classe politique ont disparu », déclare Me Blaise, reprochant aux contre-pouvoirs politiques et sociaux de ne pas exercer, à ses yeux, une pression suffisante sur les autorités.
L’avocat intervient parallèlement sur le processus électoral et lie directement le maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la préservation du calendrier annoncé. Il affirme que la publication d’un nouveau calendrier qui supprimerait le scrutin prévu le 13 décembre devrait entraîner une forte réaction politique.
« Dès qu’un autre calendrier électoral annulera les élections du 13 décembre, le pays devra se lever pour exiger le départ du Premier ministre », soutient Me Blaise.
Cette déclaration constitue une prise de position politique de l’avocat et non une conséquence juridique automatique d’une éventuelle modification du calendrier électoral. Me Blaise avait déjà publiquement commenté plusieurs dispositions du décret électoral, notamment les règles d’éligibilité et d’exclusion des candidats, dont il contestait certains effets juridiques. (LinkedIn)
Ses nouvelles déclarations interviennent alors qu’il mène depuis plusieurs mois une contestation plus large de plusieurs réformes touchant la justice haïtienne. Il s’est notamment opposé au décret relatif à la Haute Cour de justice, qu’il accuse de favoriser l’impunité des responsables publics poursuivis pour des faits liés à la corruption. Il avait introduit, le 29 décembre 2025, un recours contre ce texte devant la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA). Celle-ci s’est déclarée matériellement incompétente le 28 mai 2026, sans statuer sur le fond des griefs soulevés par l’avocat. (RHINEWS)
Me Guerby Blaise maintient ainsi une même ligne critique sur les réformes pénales, la lutte contre la corruption et le processus électoral : il estime que l’entrée en vigueur des nouveaux codes en janvier 2027 n’est pas réalisable dans les conditions actuelles et avertit que toute nouvelle modification du calendrier électoral supprimant l’échéance du 13 décembre ouvrirait, selon lui, une nouvelle crise de légitimité pour le pouvoir exécutif.

