PORT-AU-PRINCE, samedi 7 février 2026 (RHINEWS)– L’ancienne Première dame de la République, Martine Moïse, a publié ce vendredi un message à l’occasion du 7 février, date qu’elle relie à la fois à l’histoire politique d’Haïti et à l’assassinat de son époux, le président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021.
« Aujourd’hui, 7 février 2026, cela fait 55 mois que des oligarques et des politiciens criminels ont assassiné le président Jovenel Moïse et m’ont blessée par balles », a-t-elle déclaré, rappelant également que le 7 février 1986 marque, selon elle, « le jour où le peuple haïtien a brisé un système qui existait depuis 29 ans ».
Dans son message, Martine Moïse affirme que le choix du peuple, en 1986 comme lors de l’élection de Jovenel Moïse, était « la démocratie, la sécurité et le développement économique ». Elle soutient que, une fois élu, le président Moïse avait entrepris de « briser un système oppressif et exploiteur en place depuis 40 ans », avec pour objectif de « donner aux pauvres et aux laissés-pour-compte une chance de mieux vivre ».
Elle cite notamment des projets dans les domaines de l’agriculture, de l’électricité, des routes, de l’éducation et de la santé. « Lorsqu’il a pris cette décision, c’était pour renforcer l’agriculture, fournir de l’électricité, construire des routes, des écoles, des hôpitaux », a-t-elle affirmé.
Selon l’ancienne Première dame, ces réformes auraient suscité une réaction violente. « Le système, avec la violence des gangs, s’est mis à brûler, détruire et tout casser », a-t-elle déclaré, accusant des « oligarques » d’avoir fait assassiner le président après, dit-elle, « la résiliation de grands contrats liés à l’électricité, aux routes, aux télécommunications et au commerce du carburant ».
Martine Moïse affirme également qu’« environ 7 millions de dollars de matériels de construction de routes destinés aux citoyens ont été incendiés dans plusieurs villes du pays » après l’assassinat. Elle soutient que, face à l’échec des pressions exercées par la violence des gangs, « des mercenaires colombiens auraient été recrutés pour tuer le président ».
Elle estime que « cela fait 55 mois que le système qui a tué le président du pays est confortablement installé à la tête des pouvoirs exécutif et judiciaire en Haïti ». Dans ce contexte, elle avance le chiffre de « près de 30 000 frères et sœurs tombés sous les balles et les coups de machette », évoquant également des enlèvements, des actes de torture et des violences sexuelles.
L’ancienne Première dame met en cause la gestion des finances publiques, déclarant que « trois budgets ont été consommés » et s’interrogeant : « Où est passé tout cet argent ? Qu’est-ce qui a été fait pour changer la vie des victimes et des déplacés ? »
Elle dénonce enfin ce qu’elle décrit comme l’attitude d’une partie de l’appareil judiciaire. « Certains juges protègent des criminels et persécutent des victimes », a-t-elle affirmé, ajoutant que « le peuple vit dans la misère, la douleur et le désespoir ».
Son message se conclut par une mise en garde : « Le jour où ce peuple frappera le sol de ses pieds, il y aura des cris dans les maisons des corrompus », a déclaré Martine Moïse.

