L’ONU s’alarme des répercussions mondiales du détroit d’Ormuz et lance une initiative urgente pour sécuriser le commerce des engrais…

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NEW YORK, samedi  mars 2026 (RHINEWS)- Face aux perturbations du commerce maritime dans le détroit d’Ormuz liées à un conflit régional qui dure depuis quatre semaines, les Nations Unies ont annoncé vendredi une initiative visant à préserver l’approvisionnement mondial en engrais, essentiels à la production alimentaire.

Selon le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, « les perturbations du commerce maritime transitant par le détroit d’Ormuz risquent de provoquer un effet d’entraînement, affectant les besoins humanitaires et la production agricole au cours des prochains mois ». Il a ajouté que « bien que le Secrétaire général soit résolu à ne ménager aucun effort pour parvenir à un règlement global et durable du conflit, une action immédiate est indispensable pour atténuer ces conséquences ».

Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran, s’est étendu à la région du Golfe ainsi qu’au Liban, où le Hezbollah soutenu par Téhéran affronte Israël, accentuant les tensions régionales et leurs répercussions économiques mondiales.

Dans ce contexte, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en place un groupe de travail dirigé par Jorge Moreira da Silva, chef du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets. Ce groupe inclura notamment des représentants de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, de l’Organisation maritime internationale et de la Chambre de commerce internationale.

« La mission première de ce groupe de travail consiste à élaborer et à proposer des mécanismes techniques spécifiquement conçus pour répondre aux besoins humanitaires dans le détroit d’Ormuz », a précisé M. Dujarric. Inspiré de dispositifs existants comme l’initiative de la mer Noire pour les céréales ou les mécanismes de surveillance mis en place au Yémen et à Gaza, ce nouveau cadre vise à « faciliter le commerce des engrais, y compris la circulation des matières premières associées ».

L’ONU indique que ce mécanisme sera mis en œuvre « en étroite consultation » avec les États concernés, dans le respect de leur souveraineté et des cadres juridiques internationaux. En cas de succès, il pourrait « instaurer un climat de confiance entre les États Membres quant à l’approche diplomatique du conflit », constituant ainsi une avancée vers une solution politique plus large.

Les consultations politiques seront menées par l’envoyé personnel du Secrétaire général, Jean Arnault, avec l’appui du groupe de travail. Parallèlement, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu des discussions à huis clos sur les attaques visant des infrastructures civiles en Iran, notamment des établissements d’enseignement et de santé.

S’agissant du Liban, les Nations Unies ont exprimé leur vive inquiétude face à l’escalade des violences entre Israël et le Hezbollah. « L’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban doivent être respectées. L’autorité du gouvernement libanais, qui détient le monopole de l’usage de la force et des armes sur l’ensemble de son territoire, doit également être respectée », a déclaré M. Dujarric. Il a insisté sur le fait que « le Hezbollah doit cesser ses attaques contre Israël. Israël doit cesser ses opérations militaires et ses frappes au Liban, qui touchent de plein fouet les civils ».

Selon l’ONU, plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban, soit près d’un habitant sur cinq, tandis que des civils israéliens vivant au sud de la Ligne bleue ont également été affectés. « Il n’existe tout simplement aucune solution militaire à ce conflit », a rappelé le porte-parole, appelant toutes les parties à privilégier les voies diplomatiques et à appliquer pleinement la résolution 1701 du Conseil de sécurité, considérée comme la base d’un cessez-le-feu durable.