WASHINGTON , samedi 28 mars 2026 (RHINEWS)- L’initiative menée par la représentante démocrate Ayanna Pressley visant à prolonger le statut de protection temporaire (TPS) pour Haïti a franchi une étape déterminante vendredi, en atteignant les 218 signatures requises pour forcer l’examen du texte en séance plénière à la Chambre des représentants, ouvrant la voie à un vote dans les prochaines semaines avec un soutien bipartisan.
Cette procédure parlementaire, connue sous le nom de « discharge petition », contraindra la Chambre à se prononcer sur une mesure qui obligerait l’administration du président Donald Trump à prolonger de trois ans le TPS accordé aux ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis, alors que leur statut demeure au cœur d’un bras de fer politique et judiciaire.
« Le succès de cette pétition est le témoignage de notre mobilisation collective et de la force d’un mouvement large et diversifié pour affirmer l’humanité, la dignité et la sécurité de nos frères et sœurs haïtiens », a déclaré Mme Pressley, ajoutant que « les Haïtiens, partout dans le pays, sont des parents, des travailleurs, des aidants, des chefs religieux, des entrepreneurs et des enfants profondément enracinés dans nos communautés, essentiels à notre économie, et honteusement exposés au risque d’être expulsés vers une île confrontée à une crise humanitaire dévastatrice ». Elle a estimé que « nous sommes aujourd’hui à une étape cruciale pour sauver des vies et offrir les protections qu’ils méritent », appelant ses collègues à soutenir massivement le texte.
Co-présidente du caucus sur Haïti à la Chambre, l’élue du Massachusetts représente l’une des plus importantes diasporas haïtiennes du pays et s’est imposée comme une figure de proue au Congrès dans la défense des migrants haïtiens, dénonçant à plusieurs reprises les politiques migratoires de l’administration Trump et les actions des services de l’immigration.
Ces derniers mois, Mme Pressley a multiplié les initiatives pour empêcher la fin du TPS pour Haïti. En mars 2026, elle s’est associée à des responsables religieux et des organisations de défense pour exhorter la Cour suprême à confirmer les décisions de juridictions inférieures jugeant illégale la tentative de suppression de ce statut. En février, elle avait salué la décision d’un juge fédéral bloquant temporairement cette mesure, soulignant que plus de 350 000 ressortissants haïtiens risquaient d’être expulsés en cas de suppression définitive du dispositif.
Depuis 2025 et même avant, la parlementaire a également pris part à plusieurs démarches législatives et politiques en faveur des Haïtiens, notamment en condamnant la décision de l’administration Trump de mettre fin au TPS, en s’opposant à des restrictions migratoires visant Haïti, et en plaidant pour une extension du programme ainsi que pour des mesures humanitaires plus larges. Elle a aussi organisé des auditions, conférences de presse et initiatives parlementaires pour alerter sur les conséquences économiques et sociales d’une telle décision, en particulier pour les secteurs dépendant de la main-d’œuvre immigrée.
Dans ce contexte, l’atteinte du seuil des 218 signatures était décisive, traduisant un appui bipartisan suffisant pour contourner les blocages habituels de la direction de la Chambre et imposer un vote sur cette question sensible. L’issue de ce vote pourrait avoir des conséquences majeures pour des centaines de milliers de Haïtiens vivant aux États-Unis, dont l’avenir dépend désormais à la fois des décisions du Congrès et des arbitrages judiciaires à venir.

