Par Jude Martinez Claircidor,
PARIS, lundi 30 mars 2026 (RHINEWS)- La Fédération de la Diaspora Haïtienne d’Europe (FEDHE) a salué, dans un communiqué daté du 29 mars 2026, l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « l’injustice la plus inhumaine et la plus durable contre l’humanité ».
Organisation engagée dans la représentation et la valorisation de la diaspora haïtienne en Europe, la FEDHE voit dans cette décision une reconnaissance forte en phase avec son combat pour la mémoire historique et le développement durable d’Haïti. L’institution affirme que cette résolution « fait totalement écho » à ses engagements.
Adoptée le 25 mars 2026 par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions — parmi lesquelles celle de la France — la résolution, portée par le Ghana au nom du Groupe africain, marque une étape significative dans la reconnaissance des crimes historiques commis contre les Africains et leurs descendants. Elle réaffirme également un principe central : sans justice, il ne peut y avoir de paix durable.
Pendant plus de quatre siècles, des millions d’Africains ont été déportés et soumis à un système d’exploitation brutal. Arrachés à leurs terres, privés de leur identité et de leur dignité, ils ont été contraints à des travaux forcés dans des conditions inhumaines. Aujourd’hui encore, les séquelles de cette tragédie se manifestent à travers des inégalités persistantes, le racisme structurel et de profonds déséquilibres économiques à l’échelle mondiale.
Pour la FEDHE, la reconnaissance de ces injustices par la communauté internationale constitue une avancée importante, mais insuffisante si elle reste symbolique. L’organisation appelle à la mise en œuvre de mesures concrètes, incluant des politiques ambitieuses, des engagements financiers et un accès équitable aux ressources. Elle insiste sur la nécessité d’une transformation réelle des structures héritées de l’ordre esclavagiste.
Dans ce contexte, Haïti occupe une place particulière. Première République noire issue d’une révolution d’esclaves victorieuse, le pays incarne à la fois la rupture historique avec le système colonial et les injustices qui ont suivi. La FEDHE rappelle que les contraintes économiques imposées à Haïti après son indépendance continuent d’affecter durablement son développement.
L’organisation appelle ainsi les États concernés par la traite transatlantique, ainsi que les institutions internationales, à engager des démarches concrètes en faveur de réparations effectives. Elle plaide également pour une réforme des mécanismes internationaux afin d’assurer une participation plus équitable des pays historiquement concernés.
Par ailleurs, la FEDHE insiste sur l’importance d’un effort global en matière d’éducation et d’information, afin de transmettre aux générations futures une compréhension objective de cette période sombre de l’histoire.
La Fédération appelle la communauté internationale à traduire cette reconnaissance en actions durables et mesurables, tout en exhortant les responsables politiques haïtiens à faire de cette avancée un levier pour une émancipation réelle et durable de la société haïtienne.

