“L’ONU nomme Carlos Ruiz Massieu Représentant spécial en Haïti pour faire face à l’effondrement de l’État”…

Security Council meeting, Identical letters dated 19 January 2016 from the Permanent Representative of Colombia to the United Nations addressed to the Secretary-General and the President of the Security Council (S/2016/53) Report of the Secretary-General on the United Nations Verification Mission in Colombia (S/2019/780). SRSG and Head of Mission, Colombia

NEW YORK, jeudi 3 juillet 2025 (RHINEWS) — Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a nommé le diplomate mexicain Carlos Ruiz Massieu comme nouveau Représentant spécial pour Haïti, dans un contexte d’effondrement quasi total de l’État haïtien sous la pression des violences des gangs.

M. Ruiz Massieu, ancien chef de la Mission de vérification de l’ONU en Colombie, entrera en fonction au mois d’août. Fort de plus de trente années d’expérience diplomatique, il succédera à la tête du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), alors que le pays traverse l’une des crises politiques, sécuritaires et humanitaires les plus graves de son histoire récente.

« Sans une action accrue de la communauté internationale, l’effondrement total de la présence de l’État dans la capitale pourrait devenir une réalité », a alerté Miroslav Jenča, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques et de consolidation de la paix, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à Haïti le jour même de la nomination.

Selon les dernières données onusiennes, plus de 1,3 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays, et plus de 4 000 homicides ont été enregistrés depuis le début de l’année, dans un climat de violence extrême marqué par des allégations de trafic d’organes.

À Port-au-Prince, les institutions étatiques ont été quasiment supplantées par des groupes armés, qui contrôlent désormais la majorité des quartiers urbains. À Mirebalais, l’évasion de 530 détenus en mars dernier, « dont beaucoup liés à des trafics d’armes, de drogue et d’êtres humains », a illustré l’effondrement de l’appareil sécuritaire, selon Ghada Fathy Waly, directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

La famine progresse rapidement. Haïti figure aujourd’hui parmi les cinq pays les plus menacés au monde par une crise alimentaire majeure. Sur le terrain, les services publics sont à l’arrêt dans de nombreuses zones sous contrôle des gangs.

Face à cette situation, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya et appuyée par plusieurs pays, peine à restaurer l’ordre. « Malgré tous leurs efforts, la MSS et la police nationale d’Haïti n’ont pas réussi à restaurer l’autorité de l’État », a reconnu M. Jenča devant le Conseil de sécurité.

Dans une lettre adressée le 24 février au Conseil, António Guterres a plaidé pour la création d’un bureau onusien de soutien logistique et opérationnel à la MSS. Si cette recommandation est acceptée, Carlos Ruiz Massieu pourrait jouer un rôle central dans sa mise en œuvre.

Le diplomate, qui connaît bien la région latino-américaine et caribéenne, arrive dans un contexte où le BINUH est largement jugé sous-dimensionné pour faire face à l’urgence. « Il n’avait pas vocation à opérer dans un environnement aussi hostile que celui que nous connaissons aujourd’hui », a concédé Miroslav Jenča.

Le défi qui attend Carlos Ruiz Massieu est immense. Il devra coordonner l’action onusienne dans un pays en proie au chaos, alors que la confiance de la population envers les institutions internationales reste fragile.