L’ONU juge les actions militaires américaines au Venezuela « un dangereux précédent »…

Antonio Guterres, secretaire general de l'OMU...

NEW-YORK, samedi 3 janvier 2026 (RHINEWS)- Les actions militaires menées par les États-Unis au Venezuela « constituent un dangereux précédent » et soulèvent de graves préoccupations pour la région, a déclaré l’Organisation des Nations unies, se disant « profondément alarmée » par l’escalade des tensions entre Washington et Caracas, selon l’ONU.

D’après l’ONU, la situation a culminé samedi avec la capture rapportée du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces spéciales américaines, une annonce faite sur les réseaux sociaux par le président des États-Unis, Donald Trump. La procureure générale américaine a indiqué que M. Maduro et son épouse seraient poursuivis devant des tribunaux américains sur la base d’un acte d’accusation datant de 2020, lors de la première administration Trump à New York.

Selon les informations rapportées à l’ONU, l’opération américaine aurait débuté par des frappes nocturnes dans et autour de Caracas. Les autorités vénézuéliennes ont décrété l’état d’urgence nationale, tandis que le bilan humain et l’ampleur des dégâts restaient, à ce stade, à confirmer.

Le gouvernement vénézuélien a dénoncé ce qu’il qualifie d’« agression militaire extrêmement grave » des États-Unis, après plusieurs mois de tensions croissantes marquées notamment par un renforcement militaire américain au large des côtes vénézuéliennes et des frappes contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue. Washington avait également ordonné ces dernières semaines la saisie de pétroliers sanctionnés et menacé de lancer des opérations terrestres pour contraindre M. Maduro à quitter le pouvoir.

« Le Secrétaire général est profondément alarmé par la récente escalade au Venezuela, qui a culminé aujourd’hui avec l’action militaire des États-Unis dans le pays, et qui pourrait avoir des répercussions préoccupantes pour la région », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, dans un communiqué. « Indépendamment de la situation au Venezuela, ces développements constituent un dangereux précédent », a-t-il ajouté, en soulignant, selon l’ONU, « l’importance du plein respect du droit international, y compris de la Charte des Nations Unies ».

Toujours selon l’ONU, António Guterres s’est dit « profondément préoccupé » par le non-respect présumé des règles du droit international et a appelé l’ensemble des parties à s’engager dans un « dialogue inclusif », conforme aux droits humains et au droit international.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également appelé, selon l’ONU, à la « retenue » de toutes les parties et au respect intégral de la Charte des Nations Unies et du droit international des droits humains, soulignant que « la protection de la population du Venezuela est primordiale et doit guider toute action future ».

À la suite des actions militaires américaines, le Venezuela a demandé, selon l’ONU, la convocation en urgence d’une réunion du Conseil de sécurité. Dans une lettre adressée à la présidence du Conseil, la Mission permanente du Venezuela auprès des Nations unies affirme que les forces américaines ont mené « une série d’attaques armées brutales, injustifiées et unilatérales », évoquant des bombardements visant des sites civils et militaires à Caracas ainsi que dans les États de Miranda, d’Aragua et de La Guaira, ainsi que des attaques par hélicoptères et avions sur différents points du territoire.

Le Venezuela demande que cette agression soit condamnée, que les attaques cessent et que les responsabilités soient établies, selon l’ONU. La tenue de la séance du Conseil de sécurité restait à confirmer.

Lors d’une conférence de presse depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, le président Trump a déclaré que les États-Unis entendaient « diriger le Venezuela » jusqu’à la mise en place d’une transition du pouvoir « sûre, appropriée et mesurée », ajoutant que des compagnies pétrolières américaines moderniseraient les infrastructures afin de « générer des revenus pour le pays », rappelle l’ONU.