OUAGADOUGOU, samedi 3 janvier 2026 (RHINEWS)- Le Burkina Faso a atteint en 2025 une couverture de 126,4 % de ses besoins céréaliers, marquant une étape historique vers la sécurité alimentaire pour la première fois depuis près de quarante ans, a rapporté samedi le gouvernement burkinabè citant des données officielles de la campagne agricole 2025-2026. Cette performance, qui dépasse les besoins internes et signe un excédent de production, n’avait été réalisée auparavant que sous le président Thomas Sankara dans les années 1980, soulignent plusieurs sources médiatiques.
Le ministre burkinabè de l’Agriculture et des Ressources animales a indiqué que la production céréalière totale s’est élevée à plus de 7 millions de tonnes, soit une hausse significative par rapport à la campagne précédente, grâce à l’augmentation des superficies emblavées et à une forte mobilisation des acteurs agricoles. Ce taux de couverture des besoins céréaliers est jugé « exceptionnel » par les autorités, dans un contexte où la sécurité, notamment dans les zones rurales, a favorisé la réinstallation de populations et l’accès aux terres cultivables.
Dans son adresse de fin d’année, le président Ibrahim Traoré a salué cette avancée comme un « symbole majeur de souveraineté » tout en évoquant l’amélioration de la sécurité interne comme un facteur clé du redressement des campagnes agricoles. Il a également promis de poursuivre les efforts pour augmenter encore les rendements, développer l’irrigation et renforcer la transformation locale des produits agricoles en 2026.
Cette progression s’inscrit dans le cadre de plusieurs initiatives publiques visant à consolider l’autonomie économique, notamment l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire, lancée depuis l’arrivée de Traoré au pouvoir, ainsi que des réformes structurelles pour soutenir le secteur agropastoral.
Outre la production céréalière, des projets industriels et agro-alimentaires ont été inaugurés dernièrement, tels que le complexe agro-industriel d’Agroserv Industries SA à Bama et la minoterie Moulin Double Star (M2S) dédiée à la production de farine de blé, destinés à renforcer les capacités locales de transformation et à réduire la dépendance aux importations.
Les autorités ont aussi pris des mesures de régulation du marché, comme l’interdiction d’exporter certaines céréales et le renforcement des capacités de stockage national, dans l’objectif de stabiliser l’offre et de protéger les consommateurs burkinabè.
Malgré ces progrès, des zones confrontées à des défis sécuritaires persistants continuent de connaître des difficultés d’accès à la nourriture, avec des prix plus élevés et des besoins d’assistance alimentaire, selon des analyses de la situation alimentaire.
Dans son message, M. Traoré a affirmé que « la souveraineté alimentaire est un pilier de notre indépendance réelle », appelant à poursuivre les réformes et les investissements pour consolider ces acquis tout en poursuivant la lutte contre l’insécurité qui affecte encore certaines régions du pays.

