L’ex-sénateur Antonio Chéramy rejette les sanctions américaines et accuse Washington d’ingérence en Haït….

Anotnio Cheramy, Don Kato, ancien senateur, membre du comite provissoire du SDP

PORT-AU-PRINCE, lundi 22 septembre 2025 (RHINEWS) – L’ancien sénateur haïtien Antonio Chéramy a vivement réagi lundi aux sanctions annoncées contre lui par le Département d’État américain, les qualifiant d’« actes politiques » destinés, selon lui, à l’intimider et à le discréditer.

Washington a désigné publiquement Antonio Chéramy, ex-sénateur, ainsi qu’Arnel Bélizaire, ancien député, pour leur implication présumée dans des actes de corruption « significatifs » commis durant leur mandat. Cette décision rend les deux hommes et leurs proches inéligibles à l’entrée aux États-Unis. « Arnel Bélizaire et Antonio Chéramy ont abusé de leurs fonctions en interférant dans les processus publics du gouvernement haïtien », avait affirmé Tommy Pigott, porte-parole principal adjoint du Département d’État, estimant que « ces actes de corruption ont eu des conséquences graves sur les intérêts nationaux des États-Unis en déstabilisant encore plus les institutions et processus d’Haïti ».

Antonio Chéramy, lui, dément formellement. « Je mets les Américains au défi de prouver que je serais impliqué dans une quelconque affaire de corruption ou de déstabilisation du processus démocratique en Haïti », a-t-il déclaré dans une conférence de presse à Port-au-Prince. L’ex-parlementaire est allé plus loin en accusant Washington d’être lui-même responsable de l’érosion de la démocratie haïtienne. « Ce sont les Américains qui ont interrompu brutalement le processus démocratique en Haïti lorsqu’ils ont décidé de passer outre les résultats des élections présidentielles remportées par Jude Célestin et imposé leur propre candidat, Joseph Michel Martelly », a-t-il affirmé.

Ironique, Chéramy a aussi tourné en dérision l’impact des sanctions américaines. « Sont-ils en train de créer une rubrique spéciale pour moi ? Depuis 2020 je ne suis pas allé aux États-Unis. Je n’ai jamais entrepris de démarche pour obtenir un visa américain. Peut-être auraient-ils souhaité que je sollicite un visa afin de tenter de me compromettre », a-t-il lancé, sourire aux lèvres.

En conclusion, il a dénoncé une mesure sans fondement. « Les sanctions américaines n’ont aucune base. Les accusations portées contre moi sont infondées et injustifiées », a-t-il martelé, assurant que cette décision n’aura aucune conséquence sur sa vie personnelle ni sur son engagement politique.