Le Conseil de sécurité continue d’examiner une résolution transformant la mission MSS en “Force de suppression des gangs” en Haïti…

Les membres du Conseil de Securite de l'ONU en reunion...

NEW YORK, lundi 22 septembre 2025 (RHINEWS) – Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies poursuivent leurs négociations, cette semaine,  autour d’un projet de résolution, présenté par les États-Unis et le Panama, visant à transformer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) en une véritable “Force de suppression des gangs” et à créer parallèlement un Bureau d’appui onusien chargé de fournir un soutien logistique.

Depuis son déploiement en juin 2024, après de multiples retards liés à des problèmes de financement, la mission dirigée par le Kenya n’a pas atteint les objectifs fixés. Alors que le Conseil avait autorisé en octobre 2023, par la résolution 2699, le déploiement de 2 500 officiers pour une durée initiale de douze mois, le nombre d’hommes sur le terrain reste limité à environ 1 000. Les évaluations faisaient pourtant état d’un coût annuel d’environ 600 millions de dollars. En septembre 2024, la résolution 2751 avait prolongé le mandat de la mission jusqu’au 2 octobre 2025, tout en appelant à un déploiement accéléré et à un soutien financier supplémentaire.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait rappelé en février dernier que “les options pour renforcer le soutien à la mission passent par l’établissement d’un Bureau d’appui fournissant hébergement, soins médicaux, capacités de mobilité et technologies de l’information”. Devant le Conseil le 28 août, l’ambassadrice américaine avait confirmé que Washington et Panama proposeraient un texte “pour aider à faire face à la violence croissante en Haïti en établissant une Force de suppression des gangs et en créant un Bureau d’appui de l’ONU pour soutenir les efforts sur le terrain”.

Sur le plan humanitaire, la situation est décrite comme alarmante. “Le bilan humanitaire est accablant”, a dénoncé Guterres lors de la même séance, rappelant que 1,3 million de personnes, dont la moitié sont des enfants, sont déplacées à l’intérieur du pays, et que six millions nécessitent une assistance humanitaire, alors même que les travailleurs humanitaires sont la cible de menaces, d’extorsions et d’enlèvements.

Au niveau politique, la transition reste incertaine. Le 7 août, Laurent Saint-Cyr a succédé à Fritz Alphonse Jean à la présidence tournante du Conseil présidentiel de transition (CPT), qui doit conduire le pays jusqu’à l’élection d’un nouveau président le 7 février 2026, conformément au décret d’avril 2024. La feuille de route adoptée avec l’appui de la CARICOM et de Washington ne prévoit aucune prolongation possible du mandat du CPT.

L’Organisation des États américains (OEA) a de son côté présenté le 20 août un document intitulé Towards a Haitian-led Roadmap for Stability and Peace, estimant à 2,6 milliards de dollars le coût de mise en œuvre d’un plan articulé autour de cinq piliers, dont 1,336 milliard pour la restauration de la sécurité. “Le peuple haïtien a besoin d’une stabilité durable et d’un cadre de développement viable”, a insisté le secrétaire général de l’OEA.

Parallèlement, des médias ont rapporté que les autorités haïtiennes négocient avec des entreprises de sécurité privées pour élargir leur rôle dans la lutte contre les gangs et la collecte des impôts, notamment via l’usage de drones militaires. Une évolution qui soulève des inquiétudes sur la légalité et l’efficacité de ces méthodes.

Alors que le Conseil de sécurité a déjà renouvelé, le 14 juillet, le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) jusqu’au 31 janvier 2026, la communauté internationale se retrouve face à une double urgence : enrayer la spirale de violence qui saigne la population et définir les mécanismes crédibles pour accompagner la transition politique et humanitaire du pays.