Les États-Unis multiplient les appels à la fin des violences de Viv Ansanm, alors que la nouvelle Force de suppression des gangs autorisée par l’ONU tarde à se déployer…

Ambassade des Etats-Unis en Haiti

PORT-AU-PRINCE, mercredi 19 novembre 2025 (RHINEWS)- Les États-Unis continuent de lancer des appels pressants à la fin des violences commises par la coalition armée Viv Ansanm, mais plusieurs Haïtiens doutent de leur véritable engagement, en dépit des moyens militaires, technologiques et logistiques sophistiqués dont Washington dispose.

À travers ses canaux officiels, l’ambassade américaine à Port-au-Prince a exhorté les dirigeants haïtiens à « s’unir face à la menace commun » que représente la violence des gangs, insistant : « l’heure est venue pour que cessent la violence, la destruction et les luttes politiques internes ». Elle a également averti que « toute personne entravant le chemin d’Haïti vers la stabilité politique doit s’attendre à des conséquences », y compris la révocation de visas.

Malgré ces mises en garde, de nombreux citoyens haïtiens expriment un profond scepticisme : Washington, bien qu’il affiche un discours ferme, « ne parvient toujours pas à neutraliser » Viv Ansanm et les autres groupes criminels, soulignent-ils, « alors qu’il dispose de moyens supérieurs à ceux de l’État haïtien ». Ce décalage entre les déclarations publiques et les résultats concrets renforce la méfiance vis-à-vis de la volonté américaine d’aider réellement à résoudre la crise sécuritaire.

Les gangs terrorisent Haïti depuis plusieurs années, semant la terreur à Port-au-Prince et dans d’autres régions, à travers des attaques coordonnées, des enlèvements, des violences sexuelles, des meurtres et des destructions de biens. Selon le Conseil de sécurité de l’ONU, la situation atteint un « point de non-retour » tant la crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle s’est aggravée.

Face à cette escalade, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 30 septembre 2025, une résolution autorisant la création d’une Force de suppression des gangs (FSG) d’environ 5 500 policiers et militaires, pour un mandat initial d’un an.   Cette force, présentée comme une évolution de la mission multinationale actuelle, a pour mission de « neutraliser, isoler et dissuader » les gangs, de sécuriser les infrastructures vitales et d’appuyer les institutions haïtiennes.

Or, alors même que cette résolution était soutenue par les États-Unis et le Panama, sa mise en œuvre reste lente. Certains Haïtiens y voient une autre preuve que les engagements internationaux — y compris ceux de Washington — peinent à se traduire en actions décisives.

De leur côté, les ONG et observateurs des droits humains exigent que cette force dispose d’un financement durable, de personnel suffisant et de garanties strictes en matière de droits de l’homme.   Ils soulignent que les précédentes missions, plus limitées, ont montré leurs limites face à l’ampleur du défi.

Si les États-Unis continuent d’affirmer publiquement leur soutien à la lutte contre Viv Ansanm, le décalage entre leurs appels, les autorisations onusiennes et la réalité sur le terrain nourrit un profond scepticisme au sein de la population haïtienne, qui attend des actes tangibles plus que des mots.