PORT-AU-PRINCE, mardi 6 janvier 2026 (RHINEWS )- Le Mouvement du Peuple Revendicatif (MPR) propose l’instauration d’une nouvelle transition politique en Haïti, fondée sur un mécanisme de contrôle citoyen et l’exclusion des partis politiques du processus décisionnel, afin de créer, selon le document, les conditions nécessaires à des réformes institutionnelles profondes et à l’organisation d’élections démocratiques crédibles.
Selon le document intitulé « Proposition pour une nouvelle transition », daté du 7 février 2026 et signé par des responsables du MPR, le pays traverse « depuis plusieurs décennies une crise pluridimensionnelle » ayant freiné le développement économique, le progrès social et « hypothéqué l’indépendance nationale ». Cette situation est attribuée, selon le texte, à « des régimes politiques obscurantistes et corrompus qui pratiquent le népotisme et le pillage de la caisse publique », contribuant à la reproduction d’« un État prédateur associé à la mafia internationale ».
Le MPR estime que l’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du gouvernement actuel impose une action rapide des « patriotes et des progressistes » pour former « une alliance stratégique avec ceux qui pensent et ceux qui peinent », en vue d’instaurer une transition neutre. Cette transition, selon le document, devrait garantir les droits fondamentaux, la liberté d’expression sans crainte de répression ou d’intimidation, la neutralité de l’organisme électoral et la transparence et l’équité du vote.
Le texte souligne que la formule actuelle aurait échoué notamment en raison du mauvais choix des parties prenantes, de l’inclusion des partis politiques ayant généré des conflits d’intérêts et des scandales de corruption, ainsi que du caractère inadapté d’un gouvernement collégial à neuf membres. « Le peuple haïtien n’a pas la culture de la direction collégiale », affirme le document, évoquant des expériences négatives antérieures au niveau des collectivités territoriales et des conseils de gouvernement du passé.
Pour y remédier, le MPR propose la création d’une « Assemblée des Citoyens du Contrôle de la Transition » (ACCT), composée de représentants de secteurs de la société civile, de la diaspora et des dix départements du pays. Cette assemblée serait chargée de choisir, par vote, le président de la transition parmi trois candidats proposés par des corporations professionnelles, des organisations de la diaspora et des institutions étatiques jugées crédibles, à savoir l’Office de la protection du citoyen, l’Unité de lutte contre la corruption et la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif.
Selon le document, le président de la transition entrerait en fonction le 7 février 2026, après un processus incluant des consultations nationales, l’installation de l’ACCT, la désignation des candidats, un vote au sein de l’assemblée et une passation ordonnée avec le CPT. Le Premier ministre serait ensuite chargé de former le gouvernement en collaboration avec le président, tandis que les organisations de la société civile procéderaient à une mise à jour de la feuille de route de l’accord du 3 avril 2024, appelée à être publiée au journal officiel Le Moniteur.
Le MPR souligne que cette démarche vise à « recouvrer la souveraineté nationale » et à sortir le pays de l’impasse politique actuelle, en s’appuyant sur une transition neutre, contrôlée par les citoyens et orientée vers des résultats concrets, selon les termes mêmes du document.

