PORT-AU-PRINCE, samedi 7 juin 2025 (RHINEWS) —Le gouvernement haïtien a réagi avec déception à la décision du président américain Donald Trump d’interdire l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de douze pays, dont Haïti, à compter du lundi 9 juin 2025.
Dans une déclaration officielle, le ministère haïtien des Affaires étrangères a souligné que cette mesure survient alors même que les autorités haïtiennes, avec l’appui de leurs partenaires internationaux, s’efforcent de lutter contre l’insécurité et de renforcer le contrôle de leurs frontières. « Tout en reconnaissant le droit souverain d’un État étranger de définir sa politique migratoire, le ministère attire l’attention sur les risques que représente la présence de groupes armés, récemment désignés comme organisations terroristes, pour les relations d’Haïti avec ses partenaires internationaux », précise le communiqué.
Le décret présidentiel américain, signé mercredi à la Maison-Blanche, vise spécifiquement les ressortissants de l’Afghanistan, du Myanmar, du Tchad, du Congo, d’Haïti, de la Guinée équatoriale, de l’Érythrée, de l’Iran, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et du Yémen. Par ailleurs, des restrictions renforcées sont également imposées aux voyageurs en provenance de Cuba, du Venezuela, du Burundi, du Laos, de la Sierra Leone, du Togo et du Turkménistan.
Donald Trump a justifié la mesure en affirmant que « les restrictions imposées sont nécessaires pour prévenir l’admission d’individus au sujet desquels le gouvernement américain ne dispose pas d’informations suffisantes pour évaluer les risques ». Il a également évoqué le besoin de renforcer la coopération internationale en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.
S’agissant d’Haïti, le décret cite un afflux « de centaines de milliers de migrants illégaux haïtiens » durant l’administration Biden, affirmant que cette immigration « nuit aux communautés américaines ». Au cours de sa campagne présidentielle, Trump avait déjà accusé sans preuve les migrants haïtiens d’actes choquants, allant jusqu’à affirmer publiquement qu’à Springfield, dans l’Ohio, « ils mangent les chiens et les chats des habitants ».
Le ministère haïtien des Affaires étrangères indique être pleinement conscient des répercussions d’une telle mesure sur les familles haïtiennes, tant dans le pays qu’à l’étranger, et s’engage à rechercher des solutions rapides. Il précise que certaines catégories échapperont à l’interdiction, notamment les résidents permanents légaux des États-Unis, les titulaires de visas valides délivrés avant l’entrée en vigueur du décret, les diplomates, les représentants d’organisations internationales, ainsi que certains cas humanitaires, incluant les enfants adoptés par des citoyens américains.
Enfin, le gouvernement haïtien affirme sa volonté de maintenir le dialogue avec Washington, tant sur les questions migratoires que sécuritaires.

