NEW-YORK, (ONU), lundi 5 janvier 2026 (RHINEWS)- Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit ce lundi en urgence pour examiner la situation au Venezuela, à la suite de l’opération militaire menée par les États-Unis le 3 janvier, au cours de laquelle le président vénézuélien Nicolás Maduro Moros et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés et évacués du pays.
La réunion se tient sous le point de l’ordre du jour intitulé « Menaces contre la paix et la sécurité internationales ». Elle a été demandée par la Colombie, membre du Conseil, après l’intervention américaine. Le Venezuela a également sollicité cette session dans une lettre datée du 3 janvier, appuyée par la Chine et la Russie.
La sous-secrétaire générale aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Rosemary DiCarlo, doit présenter un exposé devant les quinze membres du Conseil. Deux représentants de la société civile sont également attendus, l’un à la demande des États-Unis et l’autre à celle de la Chine et de la Russie. Le Venezuela ainsi que plusieurs pays de la région, dont l’Argentine, le Brésil, Cuba et le Mexique, participent à la réunion en vertu de l’article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil.
Selon les autorités américaines, l’opération du 3 janvier a été menée au moyen de frappes de grande ampleur à Caracas, suivies de l’intervention de forces spéciales. Des responsables américains ont indiqué que plus de 150 aéronefs avaient été déployés pour neutraliser les défenses aériennes vénézuéliennes, permettant l’entrée des forces au sol. Ils ont précisé qu’« aucun militaire américain n’a été tué » lors de l’opération.
Les États-Unis affirment que Nicolás Maduro et Cilia Flores ont été transférés à New York, où ils ont été inculpés de plusieurs chefs d’accusation, dont le « narco-terrorisme », la « conspiration en vue d’importer de la cocaïne » et la « possession de mitrailleuses ». Selon des informations communiquées par des responsables vénézuéliens, la vice-présidente Delcy Rodríguez a ensuite été investie présidente par intérim.
Les autorités vénézuéliennes font état d’un lourd bilan humain. Selon des évaluations préliminaires, « au moins 80 personnes ont été tuées » lors des frappes américaines, parmi lesquelles des civils et des membres des forces de sécurité.
L’opération intervient après plusieurs mois de renforcement de la présence militaire américaine autour du Venezuela, que Washington justifie par la lutte contre le trafic de drogue. Depuis septembre 2025, les États-Unis ont mené des attaques contre des embarcations en mer des Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique, accusées de transporter des stupéfiants, des opérations qui auraient fait « au moins 104 morts ». À la mi-décembre 2025, le président Donald Trump avait également ordonné un « blocus total et complet » des pétroliers sanctionnés entrant ou sortant du Venezuela.
Lors d’une conférence de presse tenue après l’opération, Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger le Venezuela » jusqu’à ce qu’une « transition sûre, appropriée et judicieuse » soit mise en place, sans en préciser la durée. Il a réaffirmé que Washington ne reconnaissait pas Nicolás Maduro comme vainqueur de l’élection présidentielle du 28 juillet 2024 et a répété ses accusations selon lesquelles l’ancien dirigeant était à la tête d’un cartel de la drogue.
Dans sa lettre au Conseil de sécurité, le Venezuela accuse les États-Unis d’avoir mené des « attaques armées brutales, injustifiées et unilatérales » contre des cibles civiles et militaires. Caracas affirme que ces actions violent l’article 2 paragraphe 4 de la Charte des Nations unies et déclare se réserver le droit de recourir à la légitime défense en vertu de l’article 51 « afin de protéger sa population, sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Le pays appelle le Conseil à condamner l’intervention américaine et à en demander des comptes.
Dans un communiqué publié le 3 janvier, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fait part de sa vive inquiétude face à l’escalade, estimant que l’action militaire américaine « a des implications potentiellement préoccupantes pour la région » et constitue « un précédent dangereux », ajoutant que « les règles du droit international n’ont pas été respectées ». Ces messages doivent être relayés par Rosemary DiCarlo lors de la réunion.
Les réactions internationales restent contrastées. Plusieurs pays et organisations ont appelé à la désescalade et au respect du droit international, tandis que certains États d’Amérique latine, ainsi que la Chine et la Russie, ont condamné explicitement l’intervention américaine comme une violation des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies.
Aucune initiative formelle du Conseil de sécurité n’était annoncée à ce stade. La réunion de ce lundi marque toutefois la première séance officielle de l’organe en 2026 et la première prise de position sur le Venezuela des nouveaux membres non permanents, dont le Bahreïn, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Lettonie et le Libéria.

