L’avocate Jennifer Surfin appelle à sanctuariser la neutralité de l’État pour garantir des élections crédibles en Haïti…

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TROU-DU-NORD, Haïti, 1er août  2026 (RHINEWS)– À l’approche des principales échéances prévues dans le calendrier électoral haïtien, l’avocate Jennifer Surfin appelle à renforcer les mécanismes de protection de la neutralité de l’État, estimant que les agents de la fonction publique qui choisissent de se porter candidats à des postes électifs devraient être tenus de se retirer de leurs fonctions ou d’être placés en disponibilité conformément à la loi.

Dans une prise de position publique, Me Surfin affirme que cette question constitue un enjeu majeur pour la transparence et la crédibilité du processus électoral. Selon elle, le maintien en fonction d’agents publics engagés dans une campagne électorale crée un risque de confusion entre leurs responsabilités administratives et leurs ambitions politiques.

« Pour que ces élections soient réalisées d’une manière irréprochable, mettre ces candidats à l’écart automatiquement — soit en les obligeant à démissionner, soit en les plaçant en détachement conformément à la loi — ne doit plus être un simple choix, mais une exigence institutionnelle », soutient-elle.

L’avocate considère cette mesure comme une garantie de protection pour l’État et pour l’ensemble des candidats engagés dans la compétition électorale. Elle estime qu’un fonctionnaire qui conserve ses privilèges administratifs tout en menant une campagne électorale peut disposer d’avantages susceptibles de déséquilibrer la concurrence.

« Comment pouvons-nous garantir que tous les candidats ont les mêmes chances si certains, en raison de leur position, bénéficient d’un accès privilégié aux ressources de l’État, aux réseaux d’influence ou à des informations confidentielles ? », s’interroge-t-elle.

Pour Me Surfin, le retrait temporaire ou définitif des agents publics candidats permettrait également de réduire les soupçons de corruption et de protéger l’administration publique contre les accusations de favoritisme ou d’implication partisane dans le processus électoral.

Elle souligne toutefois que cette réforme ne pourrait produire les effets attendus que si elle repose sur un cadre clair et crédible. À ses yeux, son application doit s’appuyer sur trois principes fondamentaux : la conformité juridique, une transparence totale et une égalité de traitement entre tous les acteurs politiques.

« Les règles relatives à la mise en disponibilité doivent être appliquées automatiquement, sans tenir compte du profil ou de l’identité des personnes concernées, afin que cette mesure ne devienne jamais une arme politique utilisée pour écarter des adversaires gênants », prévient-elle.

L’avocate rappelle que la confiance des citoyens dans les résultats d’une élection ne se construit pas uniquement le jour du scrutin, mais dès la définition des règles qui encadrent la compétition.

« La confiance des électeurs dans les résultats d’une élection commence bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Elle se construit dès la fixation des règles du jeu », affirme-t-elle.

Selon Jennifer Surfin, une séparation claire entre la gestion des affaires publiques et la recherche du pouvoir politique contribuerait à moderniser les pratiques électorales et à redonner à la fonction publique sa vocation première.

« En traçant une ligne claire entre la gestion des affaires de l’État et les ambitions de conquête du pouvoir, nous ne faisons pas seulement évoluer nos règles électorales : nous redonnons à la fonction publique sa véritable mission, qui est celle d’un espace où chacun sert sans parti pris, au bénéfice de toute la communauté et loin des intérêts politiques », soutient -elle.