la SOFA dénonce l’insécurité et critique l’intégration du référendum constitutionnel au processus électoral…

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PORT-AU-PRINCE, jeudi 16 avril 2026 (RHINEWS)- L’organisation Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA) a dénoncé « avec force l’irresponsabilité des dirigeants de l’État, qui continuent de refuser de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de la population afin de permettre la tenue des élections », dans une note rendue publique mardi. 

Selon l’organisation, la population continue de subir des attaques de groupes armés dans plusieurs zones du pays, tandis que l’État « ne fournit aucune réponse claire sur les mesures prises pour mettre fin à cette situation ni sur la manière dont il entend identifier et juger les personnes qui planifient et exécutent ces actes ». 

La SOFA estime que « la population n’en peut plus », tout en exprimant sa solidarité envers les familles des victimes récentes, notamment dans les localités de Jean-Denis et Pyat, dans le département de l’Artibonite. 

L’organisation critique également la décision des autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et des signataires du Pacte national pour la stabilité et la tenue des élections du 21 février 2026, d’intégrer un référendum constitutionnel au processus électoral. Elle considère cette initiative comme « une manœuvre politique visant à imposer une nouvelle Constitution sans le consentement de la population ». 

La SOFA estime que cette démarche risque de ralentir davantage un processus électoral déjà fragile, rappelant que le Conseil électoral provisoire a annoncé le report de certaines étapes, notamment l’inscription des électeurs et des candidats. Elle s’interroge sur « les véritables objectifs derrière la démarche des signataires du Pacte » et évoque la possibilité « d’une stratégie visant à retarder encore les élections » ou « d’un moyen d’empêcher le peuple de choisir librement ses dirigeants ». 

Réaffirmant son attachement à la Constitution de 1987, l’organisation souligne que toute réforme doit suivre les procédures prévues et intervenir dans un climat institutionnel normalisé, précisant que « ce sont les élections qui peuvent permettre cela ». 

La SOFA appelle à la poursuite du processus électoral et exhorte les autorités à garantir la sécurité afin de permettre aux citoyens de voter « sans crainte ». Elle rappelle que la participation aux élections constitue un droit fondamental que l’État a l’obligation de protéger. 

Enfin, l’organisation invite la population à rester vigilante face aux initiatives de référendum constitutionnel dans le contexte actuel, concluant : « la lutte des femmes est la lutte de tout le peuple ».