La FJKL appelle à la démission du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé après la tragédie de Kenscoff…

Me Samuel Madistin, Avocat...

PORT-AU-PRINCE, jeudi 27 août 2026 (RHINEWS)  La Fondasyon Je Klere (FJKL) appelle à la démission du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, après la nouvelle attaque meurtrière perpétrée à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août.

Dans une déclaration signée par son président, Me Samuel Madistin, l’organisation de défense des droits humains estime que les autorités n’ont pas apporté une réponse à la hauteur de la situation sécuritaire dans cette commune située à l’est de la capitale.

Selon la FJKL, Kenscoff est confrontée depuis janvier 2025 à des attaques répétées attribuées à des groupes armés de la coalition Viv Ansanm. L’organisation évoque notamment des « tueries de masse, assassinats planifiés, incendies criminels, prises d’otages, pillages, enlèvements et séquestrations », ainsi que la destruction de cultures et l’élimination de bétail.

« Les réactions des forces de l’ordre ne sont jamais à la hauteur de la situation », affirme Me Samuel Madistin, qui dénonce également l’absence, selon lui, de conséquences politiques après les échecs enregistrés dans la lutte contre les groupes armés.

La FJKL critique notamment le maintien en fonction des responsables de la sécurité et de la justice, citant les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense nationale, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi que le Premier ministre, qui préside le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN).

L’organisation revient également sur l’accord conclu en mars 2025 avec le groupe de mercenaires Eric Prince, auquel elle attribue un coût annuel de 52 millions de dollars. Elle rappelle que ce groupe avait annoncé vouloir résoudre le problème sécuritaire à Kenscoff en une semaine.

« Plus de dix-sept mois plus tard, aucun résultat concret n’a été obtenu », soutient la FJKL, qui dénonce ce qu’elle considère comme un « gaspillage des maigres ressources de l’État ».

Dans sa déclaration, l’organisation élargit ses critiques à la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays, citant notamment Gressier, Pont-Sondé, L’Estère, Montrouis, la Petite-Rivière de l’Artibonite, Lascahobas, Marchand-Dessalines, Jean-Denis, Saint-Michel de l’Attalaye et la région métropolitaine de Port-au-Prince.

La FJKL reproche également aux autorités de mettre l’organisation des élections au premier plan alors que l’insécurité persiste dans plusieurs départements. Elle accuse par ailleurs des acteurs du gouvernement de participer à la préparation d’une plateforme politique en vue des prochaines élections, ce qui, selon elle, serait contraire à l’obligation de neutralité attendue d’un gouvernement de transition.

Face à cette situation, Me Madistin appelle à « tourner cette page sombre de notre histoire » et propose de confier le pouvoir au président de la Cour de cassation afin de mettre en place un gouvernement de mission.

La FJKL souhaite que ce gouvernement ait notamment pour mandat de rétablir l’ordre public, de renforcer les Forces armées d’Haïti par un recrutement et une formation accrue de jeunes soldats, de revoir certains contrats conclus par l’administration actuelle, de relancer l’économie, de mettre en place un programme d’accompagnement social pour les victimes et d’organiser des élections « correctes et propres ».

« Plus on attend, plus le bilan sera lourd. Plus tard sera trop tard », conclut le président de la FJKL.