PORT-AU-PRINCE, lundi 21 septembre 2026 (RHINEWS)- La Coalition des Forces Républicaines (CFR), regroupant 44 partis et organisations, appelle à des changements dans la conduite de la transition politique et du processus électoral, invoquant notamment la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti.
Dans une position datée du 20 septembre, la CFR affirme être préoccupée par la multiplication des enlèvements et par la situation des populations déplacées et confrontées à l’insécurité alimentaire. Elle estime que la crise sécuritaire constitue un obstacle au processus électoral prévu pour la fin de l’année.
Selon la coalition, « l’incapacité du gouvernement Fils-Aimé à adresser ce problème constitue un élément de complication majeur pour le processus électoral ». Elle soutient également que les gangs ont étendu leur emprise territoriale et continuent, selon elle, de contrôler une grande partie de la zone métropolitaine.
La CFR critique par ailleurs la décision du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de lancer sa propre plateforme politique. Elle estime que cette initiative « a sapé la confiance des acteurs politiques et de la société civile dans le processus électoral », considérant que le chef du gouvernement dispose de l’appareil d’État et des ministères régaliens.
La coalition affirme également que le Premier ministre n’aurait pas respecté, selon elle, les engagements de neutralité prévus par le « Pacte National pour la Stabilité et l’organisation des élections ». Elle soutient qu’« un Premier ministre de transition n’a pas le droit de monter sa propre structure politique ».
Dans sa position, la CFR appelle à une concertation entre les acteurs politiques et de la société civile. Elle affirme participer au « Dialogue inter-haïtien » engagé, selon elle, afin de rechercher des pistes de sortie de crise.
La coalition met également en cause le déplacement du Premier ministre à la 81e Assemblée générale des Nations unies. Elle estime qu’en raison de ses critiques à l’égard de la gouvernance actuelle, Alix Didier Fils-Aimé ne disposerait plus, selon elle, de la légitimité nécessaire pour représenter l’ensemble des secteurs politiques du pays. Il s’agit d’une appréciation de la CFR, présentée comme telle dans son document.
Pour modifier l’orientation du processus électoral, la coalition avance quatre propositions : « la mise en place d’une gouvernance politique rassurante et équilibrée » afin de créer les conditions nécessaires à l’aboutissement du processus électoral, le déblocage et la sécurisation des routes nationales avant les élections, le maintien du Conseil électoral provisoire (CEP) actuel pour finaliser les élections et l’organisation d’un sommet politique international.
Ce sommet réunirait, selon la CFR, des représentants de la CARICOM, de l’ONU, de l’OEA et de l’OIF, ainsi que le gouvernement, les acteurs politiques et la société civile. La coalition souhaite que cette rencontre permette notamment de déterminer la gouvernance politique de la transition, de modifier le décret électoral et d’établir un nouveau calendrier électoral.
Enfin, la CFR appelle à « une sortie de crise ordonnée et constructive dans l’intérêt du pays » et affirme rester attentive aux appels des différents secteurs de la société.

