LÉOGÂNE, lundi 12 janvier 2026 (RHINEWS)- L’ancien député et ex-commissaire du gouvernement Jean Danton Léger a plaidé pour la mise en place d’une transition politique à compter du 7 février 2026, d’une durée comprise entre six mois et un an, avec pour mission centrale l’organisation d’élections, conditionnée au rétablissement effectif de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Selon Jean Danton Léger, « la mission principale de toute transition, c’est d’organiser l’élection », soulignant toutefois qu’aucun scrutin crédible ne peut être organisé sans un retour préalable de l’autorité de l’État. « Pour une élection organisée, il faut gagner la sécurité », a-t-il insisté, ajoutant que cela suppose que « l’État et le gouvernement mettent tous les gangs hors d’état de nuire ».
L’ancien parlementaire estime que la question sécuritaire constitue le préalable absolu au processus politique. « On ne peut pas parler de sécurité tant que des territoires sont perdus. Tout territoire perdu doit être reconquis par l’État », a-t-il déclaré, liant directement la liberté de circulation des acteurs politiques et la possibilité de mener campagne à la restauration complète de l’ordre public.
Interrogé sur le maintien du Conseil présidentiel de transition (CPTA) jusqu’au 7 février 2026, Jean Danton Léger s’est montré critique. Selon lui, les autorités de transition ont « échoué dans leur mission », non par manque de temps, mais par incapacité à se concentrer sur leur objectif fondamental. « Ils se sont éloignés de la mission. La mission, c’était l’élection, et pour arriver à l’élection, il fallait d’abord gagner la sécurité », a-t-il affirmé.
Jean Danton Léger estime même que le rétablissement de l’autorité légitime devrait intervenir avant 2026. « Il faut gagner l’autorité légitime avant même le plus rapidement possible », a-t-il déclaré, considérant qu’une prolongation indéfinie de la transition aggraverait la crise de légitimité et l’instabilité politique.
L’ancien commissaire du gouvernement s’est toutefois dit favorable à une médiation conduite par des institutions religieuses, notamment l’Église catholique et l’Église épiscopale, qu’il juge crédibles aux yeux de larges secteurs de la population. « Il y a des institutions auxquelles tout le monde peut se confier », a-t-il estimé, rappelant que des médiations impliquant aussi le secteur vaudou ont, par le passé, permis de créer des espaces de dialogue.
Enfin, Jean Danton Léger a insisté sur la nécessité pour Haïti de faire ses propres choix, tout en tenant compte du contexte international. Citant l’écrivain martiniquais Aimé Césaire, il a rappelé que « les révolutions ne s’exportent jamais » et que les transformations politiques doivent répondre aux réalités nationales. « Le problème n’est pas à l’ONU ni à l’international. Le problème est en Haïti », a-t-il conclu.

