Hugues Célestin dénonce « la culbute politique » du Conseil présidentiel et le « référendum fantôme » : une farce nationale aux frais du peuple…

Hugues Celestin, Sociologue et ancien depute de Quartier-Morin...

QUARTIER-MORIN, (Nord), samedi 18 octobre 2025, (RHINEWS)Dans une tribune intitulée « Culbute politique ou Référendum fantôme », l’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, fustige avec virulence ce qu’il appelle « la comédie institutionnelle » orchestrée par le Conseil présidentiel de transition (CPT) et son gouvernement, accusés d’avoir dilapidé des millions de dollars publics dans un projet référendaire désormais abrogé.

« La République du provisoire poursuit son œuvre : chaque recul est célébré comme une avancée, et chaque échec présenté comme un signe de sagesse politique », écrit Célestin, dénonçant une gestion « absurde » et « cynique » des affaires publiques dans un pays où, dit-il, « l’absurde tient lieu de politique publique et la déraison s’élève au rang de profession de foi nationale ».

Alors que des paysans de la section communale Moka Neuf, à Sainte-Suzanne, bâtissaient bénévolement une route communautaire le 8 octobre – « à la force des bras, dans l’esprit d’Henri Ier », souligne-t-il – le Conseil présidentiel se réunissait le lendemain au Palais national « dans un décor de solennité factice ». Selon l’ancien parlementaire, cette séance du 9 octobre, présentée comme un symbole du retour de l’État dans son sanctuaire, n’était qu’une « mise en scène » montée « pour rassurer les partenaires étrangers et distraire un peuple épuisé ».

Lors de cette réunion, le CPT a approuvé l’abrogation du décret référendaire du 24 juin 2025 et celui instituant la Conférence nationale du 17 juillet 2024, tout en adoptant le projet de budget 2025–2026, estimé à 345 milliards de gourdes. Célestin y voit une « culbute politique », une manœuvre de diversion maquillée en sagesse. « L’abrogation du décret référendaire n’a surpris personne », affirme-t-il. « Elle ne faisait qu’officialiser l’échec patent que tout le monde voyait venir. »

L’ancien député s’interroge : « Pourquoi reculer maintenant ? » avant de répondre lui-même : « Parce qu’on ne peut pas organiser un scrutin dans un pays où le peuple ne peut même plus traverser la rue sans gilet pare-balles. » Il accuse les dirigeants de s’être servis du projet constitutionnel comme « prétexte pour dilapider les fonds publics » : près de 67,5 millions de dollars américains auraient été dépensés dans la préparation du référendum, auxquels se seraient ajoutés 8 millions de dollars d’appui international.

Selon Célestin, le texte de la nouvelle Constitution « aurait d’abord transité par les bureaux politiques de l’ambassade américaine avant d’être remis au député Jerry Tardieu », puis déposé par l’ancien Premier ministre Enex Jean-Charles au Comité de pilotage de la Conférence nationale avec d’autres membres tels que Joram Vixamar, Amary Joseph Noël, Pierre-Antoine Louis, Norah Jean-François, Widline Pierre, Gédéon Charles et Christine Stephenson.

« Ainsi s’achève la saga du référendum, comme elle a commencé : dans la confusion et la fuite », écrit-il, accusant le CPT de se réfugier « dans une culbute politique pour éviter toute reddition de comptes ». Il évoque une « dépense invisible », dénonçant le contraste entre la misère des enseignants et des paysans et « les poches bien pleines des hauts fonctionnaires du néant ».

« Ici, les enfants meurent de faim, les enseignants mendient leur salaire, et les quartiers sont livrés à la loi des gangs-milices », martèle-t-il. Pendant ce temps, dit-il, le gouvernement « dépense dans un projet incapable de changer quoi que ce soit à la faim, au chômage ou à la peur ».

Pour Célestin, la véritable refondation d’Haïti ne viendra ni « des commissions de pacotille », ni « des bureaux climatisés de l’ambassade américaine », mais des communautés locales qui, comme celles de Sainte-Suzanne, « bâtissent la vie hors de l’État mafieux et dépendant ».

« La vraie Constitution dont Haïti a besoin se forge dans la conscience collective de la population qui refuse de se contenter de survivre et exige de recommencer à exister pleinement », conclut-il. Et d’ajouter : « Tant que ce peuple persistera, Haïti ne sera jamais morte ; elle ne sera que réappropriation, résistance et souveraineté en action. »