Haïti vote de la diaspora : Katia Verdier annonce une « grande première » avec la participation électorale des Haïtiens de l’étranger…

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PARIS, mardi 31 mars 2026 (RHINEWS) La ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Katia Verdier, a affirmé que la participation de la diaspora aux prochaines élections constitue « une grande première dans notre histoire », lors d’une interview accordée à l’émission 64 minutes alors qu’elle était en déplacement en France.

« C’est la première fois, c’est une grande première dans notre histoire », a déclaré la ministre, rappelant que la Constitution haïtienne de 1987 prévoit déjà le droit de vote pour les Haïtiens vivant à l’étranger. Elle a précisé qu’un décret adopté en conseil des ministres en décembre 2025, sous l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, définit désormais « le mécanisme dont la diaspora pourra utiliser pour faciliter les votes ».

Selon elle, sa mission actuelle consiste à « mobiliser, sensibiliser » et « appeler à l’union » les quelque 4 millions d’Haïtiens vivant hors du pays, notamment aux États-Unis. En déplacement en France, elle a indiqué travailler avec les ambassades et consulats pour « regarder les mécanismes que nous allons utiliser pour faciliter nos citoyens haïtiens quand ils vont commencer les votes ».

La ministre a toutefois reconnu les contraintes liées au calendrier électoral fixé par le Conseil électoral provisoire, qui prévoit des élections en août prochain après un report. « Il y a un calendrier qui a été mis sur pied (…) maintenant, on avait déjà une date prévue avant qui a été changée », a-t-elle expliqué, évoquant notamment les défis sécuritaires.

Interrogée sur la situation en Haïti, marquée par plus de 5 500 morts en dix mois selon les Nations unies, Katia Verdier a reconnu la gravité de la crise : « Les chiffres sont tragiques ». Elle a assuré que le gouvernement travaille « d’arrache-pied » pour « rétablir l’ordre constitutionnel » et permettre à la population de vivre sans violence.

Malgré ces difficultés, la ministre s’est dite « très optimiste » quant à la tenue du scrutin et à une amélioration de la situation permettant à la diaspora de « rentrer dans un pays stable, investir, participer dans le développement économique et social du pays ».

Concernant les modalités de vote, elle a insisté sur l’importance de la carte d’identification nationale : « C’est avec cette carte que nos ressortissants qui sont à l’étranger vont voter ». Elle a également précisé que les personnes nées à l’étranger devront procéder à une transcription de leur acte de naissance avant d’obtenir ce document.

Cependant, plusieurs obstacles sont identifiés, notamment les difficultés d’identification des électeurs en l’absence de documents fiables, la couverture limitée du réseau consulaire, les risques de fraude ou de duplication, les contraintes budgétaires, ainsi que les enjeux de crédibilité politique et de sécurité, en particulier dans le cas d’un éventuel recours au vote électronique.

Dans ces conditions, des estimations fondées sur des expériences comparables indiquent qu’un calendrier réaliste pour déployer un dispositif crédible se situe généralement entre 12 et 24 mois, la phase d’enrôlement des électeurs à l’étranger constituant l’étape la plus longue et la plus difficile à compresser sans compromettre la fiabilité du registre électoral.

Un déploiement progressif, débutant par une phase pilote limitée à quelques pays à forte diaspora avec un recours prioritaire au vote en présentiel, apparaît comme l’option la plus envisageable, bien qu’une telle phase nécessite elle-même plusieurs mois de préparation incluant la conception du système, les tests et la formation des équipes.

Au regard de ces contraintes techniques, logistiques et institutionnelles, la mise en place complète et fiable du vote de la diaspora dans un délai de cinq mois apparaît techniquement peu probable. À court terme, seules des mesures préparatoires, telles que le recensement des électeurs à l’étranger ou la mise en œuvre de projets pilotes restreints, pourraient être engagées en amont du scrutin afin de poser les bases d’une participation future de la diaspora aux processus électoraux haïtiens.