Par Francklyn B. Geffrard,
PORT-AU-PRINCE, jeudi 5 novembre 2026 (RHINEWS) – L’ancien sénateur Steven Benoit, candidat au Sénat dans le département de l’Ouest sous la bannière de la plateforme politique “En Avan por Haïti”, affirme vouloir mettre son expérience parlementaire, sa compétence et son intégrité au service de la population, en poursuivant son engagement contre la corruption, l’impunité et les inégalités sociales. Dans une interview accordée au Réseau Haïtien de l’Information (RHINEWS), il a également dénoncé une campagne de dénigrement menée contre lui sur les réseaux sociaux, rejeté les accusations l’associant à l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse et appelé la justice haïtienne à examiner les dossiers des personnalités sanctionnées par plusieurs pays étrangers, dans le respect de la présomption d’innocence.
L’ancien parlementaire a également exprimé des réserves sur le projet de décret électoral, les reports successifs des élections et la perspective d’organiser un référendum constitutionnel parallèlement aux scrutins. Il estime que le processus électoral doit respecter les dispositions légales et constitutionnelles en vigueur et garantir des conditions équitables de participation aux candidats.
Steven Benoit présente sa candidature comme la continuité de son parcours politique et de ses engagements parlementaires. Il affirme vouloir reprendre, au Sénat, les combats qu’il dit avoir menés en faveur de la justice sociale, de la défense des travailleurs, de l’éducation, de la santé, du redressement économique et social ainsi que de l’amélioration des conditions de vie de la population.
Il considère que l’expérience, la compétence et l’intégrité doivent constituer des critères essentiels dans le choix des représentants de la population. Selon lui, le travail parlementaire ne doit pas se limiter à l’adoption des lois, mais doit également permettre de contrôler l’action gouvernementale, de combattre les abus et de veiller à l’utilisation des ressources publiques dans l’intérêt collectif.
L’ancien sénateur a insisté sur la nécessité de rétablir l’autorité de la loi et de renforcer le fonctionnement des institutions judiciaires. Il estime que la justice doit être accessible à tous, indépendamment de la condition sociale, de la situation économique ou de l’influence politique des personnes concernées.
Il a notamment plaidé pour une meilleure application des lois et un traitement effectif des infractions, considérant que la tolérance envers les actes répréhensibles, même lorsqu’ils paraissent mineurs, contribue à entretenir un climat d’impunité.
Abordant la question des sanctions internationales imposées à plusieurs personnalités haïtiennes, Steven Benoit a estimé que les autorités judiciaires nationales devraient examiner les faits à l’origine de ces mesures et déterminer s’ils justifient l’ouverture d’enquêtes ou l’engagement de poursuites.
Il a toutefois reconnu que les personnes visées par ces sanctions continuent de bénéficier de la présomption d’innocence et qu’une mesure restrictive décidée par un État étranger ne saurait, à elle seule, tenir lieu de condamnation pénale.
Selon lui, il appartient à la justice haïtienne de rechercher les éléments de preuve, d’établir les responsabilités éventuelles et de garantir aux personnes concernées les droits prévus par la loi.
L’ancien parlementaire estime que la justice haïtienne « se serait honorée » en prenant l’initiative d’examiner ces dossiers, plutôt que de laisser aux seules autorités étrangères le soin de soulever les faits reprochés à certaines personnalités politiques ou économiques du pays.
Il considère qu’une telle démarche contribuerait à renforcer la crédibilité de l’institution judiciaire et à démontrer sa capacité à agir sans distinction de statut social ou d’appartenance politique.
« Les criminels doivent être derrière les barreaux. Leur place est en prison », a-t-il insisté, en réaffirmant son opposition à la corruption, aux détournements de fonds publics et à l’impunité.
Steven Benoit a également dénoncé ce qu’il présente comme une campagne de dénigrement menée contre lui sur les réseaux sociaux, où des publications l’accusent d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021 à son domicile de Pétion-Ville.
L’ancien sénateur a rejeté ces accusations, contestant les tentatives visant, selon lui, à l’associer à ce crime. Il estime que les responsabilités dans cette affaire doivent être établies par les autorités judiciaires compétentes, à partir d’éléments de preuve, et non sur la base d’allégations diffusées sur les plateformes numériques.
Steven Benoit avait été entendu par les autorités judiciaires haïtiennes en juillet 2021, dans le cadre des démarches entreprises après l’assassinat du chef de l’État, à la suite de ses déclarations publiques sur les circonstances du crime.
Il a réaffirmé son attachement à la recherche de la vérité et à la nécessité de faire toute la lumière sur cet assassinat, tout en contestant les accusations dirigées contre sa personne.
L’ancien parlementaire a insisté sur le rôle de la justice dans l’établissement des responsabilités pénales et sur la nécessité de distinguer les accusations publiques des faits susceptibles d’être établis dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Sur le plan électoral, Steven Benoit a exprimé des réserves sur le projet de décret électoral élaboré par les autorités de transition. Il a notamment critiqué les modifications successives apportées au texte, estimant que la multiplication des versions soulève des interrogations sur la cohérence du cadre juridique retenu pour l’organisation des prochaines élections.
Selon lui, les règles électorales doivent être clairement établies, conformément aux dispositions légales et constitutionnelles, afin d’éviter les incertitudes susceptibles de compromettre la confiance des candidats et des électeurs dans le processus.
L’ancien sénateur a également réaffirmé son opposition à l’organisation d’un référendum constitutionnel parallèlement aux élections générales.
« Je me suis toujours opposé au référendum constitutionnel. Les rédacteurs de la Constitution ont clairement défini la procédure à suivre pour la modifier », a-t-il déclaré, rappelant avoir déjà défendu cette position auprès des autorités concernées.
Il estime que toute modification de la Constitution doit respecter les mécanismes prévus par le texte fondamental et que les autorités ne devraient pas substituer une procédure référendaire aux dispositions constitutionnelles relatives à la révision de la loi mère.
Concernant le nouveau calendrier électoral publié le 29 octobre 2026 par le Conseil électoral provisoire (CEP), qui prévoit la tenue du premier tour des élections présidentielle et législatives le 18 juillet 2027 et un second tour en octobre de la même année, Steven Benoit a exprimé des réserves sur le choix de ces échéances.
Il a indiqué qu’il aurait préféré une date symbolique, notamment le 7 février, qui aurait permis, selon lui, d’organiser une campagne électorale de deux à trois mois. Il a rappelé que l’élection présidentielle de 2006 s’était tenue au mois de février, dans un contexte de retour à l’ordre constitutionnel après une période de transition.
L’ancien parlementaire considère également que le report du scrutin à juillet 2027 risque de prolonger les dépenses de campagne et de créer des déséquilibres entre les candidats.
Selon lui, une période électorale trop longue pourrait favoriser les personnalités disposant de ressources financières importantes, au détriment de celles dont les moyens sont plus limités. Il estime que cette situation pourrait affecter l’égalité des chances entre les concurrents.
Steven Benoit a par ailleurs évoqué les difficultés sécuritaires auxquelles les candidats devront faire face, particulièrement dans le département de l’Ouest, où plusieurs quartiers et localités sont sous le contrôle de groupes armés.
Il a reconnu que l’insécurité constitue un obstacle majeur à l’organisation des déplacements, des rassemblements politiques et des rencontres avec les électeurs. Cette situation soulève, selon lui, des interrogations sur la possibilité de mener une campagne électorale dans des conditions normales sur l’ensemble du territoire départemental.
Malgré ces contraintes, l’ancien sénateur a réaffirmé sa détermination à participer aux élections et à aller à la rencontre de la population pour présenter son programme et défendre sa candidature.
Il estime que les électeurs doivent pouvoir apprécier les candidats à partir de leur parcours, de leur expérience, de leurs réalisations et de leur capacité à répondre aux problèmes auxquels le pays est confronté.
Steven Irvenson Benoit possède une expérience parlementaire acquise au sein des deux chambres du Parlement haïtien. Élu député de Pétion-Ville en 2006, il a siégé à la Chambre des députés au cours de la 48e législature, avant de poursuivre sa carrière au Sénat de la République comme représentant du département de l’Ouest.
C’est notamment lors de son passage à la Chambre basse qu’il s’est fait connaître du grand public pour son engagement en faveur de l’augmentation du salaire minimum. Il avait présenté et défendu une proposition de loi visant à porter le salaire minimum journalier de 70 à 200 gourdes, dans le but d’améliorer les revenus des travailleurs.
Le 5 février 2009, la proposition avait été approuvée par la Chambre des députés, avec 43 voix favorables contre sept. Elle avait ensuite suscité d’importants débats entre le Parlement, le gouvernement du président René Préval, les organisations patronales et les représentants des travailleurs.
Le texte initial avait fait l’objet d’objections de l’Exécutif, notamment en raison des préoccupations exprimées par le secteur de la sous-traitance industrielle concernant les conséquences économiques de cette augmentation. À l’issue des discussions, une formule différenciée avait été retenue, avec un salaire minimum de 200 gourdes dans plusieurs secteurs et de 125 gourdes dans la sous-traitance.
Cette initiative législative, accompagnée de mobilisations ouvrières et de débats publics, avait contribué à accroître la notoriété de Steven Benoit et sa popularité auprès d’une partie des travailleurs et des organisations sociales. La bataille pour le salaire minimum demeure l’un des épisodes les plus connus de son parcours politique.
Au Sénat, Steven Benoit s’est également intéressé aux questions de gouvernance, de contrôle de l’action gouvernementale, de transparence administrative et de lutte contre la corruption. Il a pris position sur plusieurs dossiers politiques et institutionnels, exprimant notamment des désaccords avec les administrations de René Préval et de Michel Martelly.
Il a également été candidat à l’élection présidentielle de 2015, avant de poursuivre ses interventions dans le débat public sur les questions politiques, économiques et institutionnelles.
Sa nouvelle candidature intervient dans un contexte marqué par l’absence d’un Parlement fonctionnel, les reports successifs des élections, la dégradation de la sécurité et les difficultés économiques et sociales auxquelles fait face la population.
Le Parlement haïtien ne dispose plus de représentants élus en fonction depuis janvier 2023, tandis que les opérations électorales restent confrontées à des obstacles liés à l’insécurité, à l’inscription des électeurs et à l’accès aux zones contrôlées par les groupes armés.
Steven Benoit affirme vouloir mettre à profit son expérience acquise à la Chambre des députés et au Sénat pour contribuer, s’il est élu, au rétablissement du fonctionnement des institutions, au renforcement de la justice et à la défense des intérêts de la population.
Il réaffirme notamment son intention de poursuivre ses engagements en faveur de la protection des travailleurs, de l’éducation, de la santé, du redressement économique, de la justice sociale et de meilleures conditions de vie, tout en maintenant la lutte contre la corruption, les détournements de fonds publics et l’impunité parmi ses priorités.

