MIAMI, jeudi 15 janvier 2026 (RHINEWS)- Le docteur Raymond Pierre, présenté comme un candidat potentiel au poste de Premier ministre dans le cadre d’une éventuelle nouvelle transition politique en Haïti, a estimé que le Conseil présidentiel de transition (CPT) avait échoué dans sa mission et que le processus politique en cours risquait de s’effondrer, lors d’une interview accordée à la chaîne américaine One America News (OAN).
Selon lui, le CPT, chargé de conduire le pays vers des élections et l’installation de nouvelles autorités avant le 7 février, n’a pas respecté ses engagements. « Ils étaient censés mettre en place un nouveau gouvernement et un nouveau président. Ils ont échoué », a-t-il déclaré, accusant les dirigeants actuels de chercher avant tout à « se maintenir au pouvoir ».
Raymond Pierre a également décrit une situation sécuritaire qu’il juge critique, affirmant que de larges portions du territoire seraient contrôlées par des groupes armés. « Le pays est aujourd’hui dirigé par des gangs, et le gouvernement en place n’a pas été capable d’agir », a-t-il dit, qualifiant Haïti de corridor stratégique utilisé depuis des années pour le trafic de stupéfiants.
Sur le plan diplomatique, il a critiqué ce qu’il présente comme une volonté de rapprochement avec la Chine de la part des autorités actuelles, estimant qu’Haïti devrait au contraire renforcer ses liens avec Washington. « Quand l’Amérique a besoin d’un allié fiable dans les Caraïbes, Haïti doit être cet allié », a-t-il affirmé, tout en se disant disposé à collaborer avec l’administration américaine dans la lutte contre le narco-terrorisme.
Le médecin a salué l’intérêt porté au dossier haïtien par plusieurs responsables américains, remerciant notamment le président Donald Trump ainsi que le secretataire d’Etat Marco Rubio et le sénateur Rick Scott. « Nous sommes prêts à travailler main dans la main avec l’administration pour faire d’Haïti un véritable partenaire », a-t-il déclaré.
Interrogé sur une éventuelle assistance internationale plus ferme, Raymond Pierre a soutenu que la population haïtienne en exprime la demande depuis plusieurs années. « Le peuple haïtien demande de l’aide depuis longtemps. Ils veulent de l’aide et ils seront heureux de la voir arriver », a-t-il affirmé, sans préciser la nature de cette aide.
Il a par ailleurs souligné l’ampleur de l’exode des compétences haïtiennes, qu’il attribue à l’insécurité et à l’instabilité politique. « Sur dix personnes bien éduquées en Haïti, huit vivent aujourd’hui à l’étranger, principalement aux États-Unis et au Chili », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous ne voulons pas quitter notre pays. Nous voulons rester pour le reconstruire. »
Dans un entretien distinct accordé à la plateforme Télé Image, Rod Joseph, ancien militaire américain d’origine haïtienne, a affirmé avoir personnellement recruté et recommandé le Dr Raymond Pierre auprès du Département d’État américain comme potentiel Premier ministre dans le cadre d’une nouvelle transition. « C’est moi qui ai recruté le Dr Raymond Pierre et qui l’ai recommandé officiellement au Département d’État », a-t-il déclaré.
Rod Joseph a précisé que cette démarche s’inscrivait dans une initiative portée par une coalition d’organisations de la diaspora haïtienne et de partenaires internationaux établis notamment en Amérique du Nord et dans la Caraïbe. Se disant opposé à toute ingérence étrangère dans les affaires internes d’Haïti, il a toutefois indiqué que cette recommandation bénéficierait également du soutien d’un proche collaborateur du président Donald Trump, ancien militaire et figure influente des milieux politiques et économiques américains. « Il s’agit d’un partenaire respecté, proche de l’administration, qui soutient une solution fondée sur la compétence et l’intégrité », a-t-il affirmé.
Selon Rod Joseph, le profil du Dr Raymond Pierre correspondrait aux critères recherchés par certains partenaires internationaux. « C’est un technocrate, un professionnel sans affiliation politique en Haïti, sans dossier de corruption, et qui a accepté de servir son pays dans un moment critique », a-t-il déclaré, estimant que « la priorité doit être donnée au mérite, à la qualification et à la crédibilité ».
Il a enfin défendu le rôle de la diaspora dans les discussions en cours sur la transition haïtienne. « La diaspora n’est pas contre Haïti. Elle est le produit des circonstances et veut contribuer à une sortie durable de la crise », a-t-il affirmé, alors que le débat se poursuit sur l’avenir de la gouvernance de transition et le rôle des acteurs nationaux et internationaux dans la désignation de nouvelles autorités exécutives.

