Haïti : le MPR réclame le départ du gouvernement et propose une transition jusqu’au 7 février 2030…

Palais National/ image d'illustration

PORT-AU-PRINCE, mercredi 2 septembre 2026  (RHINEWS)– Le Mouvement du Peuple Revendicatif (MPR) réclame le départ du gouvernement haïtien en place et propose la mise en place d’une nouvelle transition politique qui s’étendrait jusqu’au 7 février 2030, selon une note politique publiée par la direction du mouvement.

Dans ce document intitulé « Pour une alternative de transition réelle qui marche avec le temps du peuple », le MPR estime que l’exécutif actuel n’est pas en mesure de répondre à la crise multidimensionnelle qui frappe le pays. « Le gouvernement qui dirige actuellement montre clairement qu’il ne peut pas répondre à la crise multidimensionnelle qui secoue le pays », affirme le mouvement, qui considère que la population haïtienne « ne peut plus attendre ».

Le MPR appelle ainsi formellement au départ du gouvernement, estimant qu’Haïti a besoin d’« une autre équipe » susceptible d’apporter, selon lui, « une alternative solide et de l’espoir aux masses populaires ».

Pour la transition qu’il propose, le mouvement préconise un exécutif à deux têtes afin, explique-t-il, d’éviter la concentration du pouvoir et de favoriser un équilibre institutionnel. Ce nouvel exécutif serait composé d’un président chargé de la fonction de chef de l’État et d’un Premier ministre chargé de diriger le gouvernement et de former son cabinet. Les deux dirigeants devraient, selon le MPR, provenir directement de la société civile.

Le mouvement propose également la création d’un organe de contrôle indépendant chargé de surveiller l’action de l’exécutif. Cette structure réunirait différents secteurs de la société civile et des « forces vives de la nation », avec pour objectif de défendre les intérêts de la population et de prévenir les dérives et abus de pouvoir.

Le programme de cette éventuelle transition reposerait sur cinq missions fondamentales. Le MPR cite en premier lieu la bonne gouvernance, avec la lutte contre la corruption, le rétablissement de la transparence dans l’administration publique et une gestion des ressources de l’État qu’il qualifie d’honnête.

La deuxième priorité serait la sécurité, avec pour objectif de « combattre et démanteler les réseaux de bandits » afin de garantir la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire. Le mouvement prévoit également l’organisation d’un dialogue national réunissant les différents secteurs de la société afin de rechercher des solutions à la crise.

Le MPR entend ensuite faire appliquer rapidement les décisions et recommandations issues de ce dialogue national. La cinquième mission serait l’organisation d’élections générales « crédibles et démocratiques », conformément aux orientations qui découleraient du processus de dialogue national.

Concernant la durée de la transition, le MPR estime qu’elle ne devrait pas être limitée par une échéance trop rapprochée. Le mouvement affirme vouloir éviter « la précipitation et l’improvisation » susceptibles, selon lui, de compromettre les changements envisagés. Il fixe ainsi au 7 février 2030 la date à laquelle le gouvernement de transition devrait remettre le pouvoir à un gouvernement issu d’élections.