PORT-AU-PRINCE, mardi 3 novembre 2026 (RHINEWS) – Le gouvernement haïtien a annoncé, mardi, la poursuite et l’extension progressive des opérations de sécurité contre les groupes armés, notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Dans un communiqué, les autorités affirment vouloir renforcer la coordination entre la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Force de répression des gangs (FRG), afin de reprendre le contrôle des territoires sous l’emprise des organisations criminelles.
Selon le gouvernement, les opérations en cours s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir les groupes armés, à protéger les populations et à rétablir progressivement l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences.
Les autorités indiquent que la PNH, les FAd’H et la FRG travaillent dans une « dynamique de coordination et de complémentarité », sous la direction politique et stratégique de l’État haïtien.
Le gouvernement précise que le renforcement de la force internationale, soutenue par les Nations unies et plusieurs pays partenaires, doit contribuer à accroître les capacités d’intervention des forces nationales.
« Cette coopération internationale ne se substitue aucunement au leadership de l’État haïtien, qui demeure responsable de la direction politique et stratégique des opérations », souligne le communiqué.
Parallèlement, les autorités annoncent la poursuite des efforts de recrutement, de formation et d’équipement des forces de sécurité.
Selon les chiffres avancés par le gouvernement, plus de 3 258 nouveaux policiers ont été recrutés à travers trois promotions. Des investissements dans l’acquisition de véhicules blindés et d’équipements spécialisés sont également annoncés, sans précisions sur les montants engagés ni sur les équipements effectivement livrés.
Le 30 octobre dernier, la PNH avait organisé la cérémonie de graduation de sa 37e promotion, baptisée « Dessalines », composée de 1 189 nouveaux policiers, dont 947 hommes et 242 femmes.
Le gouvernement indique que les opérations déjà engagées dans plusieurs secteurs, notamment à Kenscoff et à Gressier, doivent se poursuivre et s’étendre à d’autres zones en fonction des priorités opérationnelles.
Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué concernant ces nouvelles interventions. Les autorités n’ont pas non plus fourni de bilan détaillé des opérations menées jusqu’à présent, notamment en matière d’arrestations, de pertes humaines ou de territoires effectivement repris aux groupes armés.
Sur la question de la protection des populations, le gouvernement assure que les interventions seront conduites dans le respect de la législation haïtienne et des droits humains.
« La cible, ce sont les gangs armés, jamais la population civile », affirme le communiqué.
Les autorités déclarent également que « l’État haïtien ne renoncera à aucun territoire » et que les opérations se poursuivront jusqu’au rétablissement de l’ordre public.
Cette annonce intervient dans un contexte de persistance des violences armées, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, dans l’Artibonite et dans certaines localités du Plateau central, où les groupes criminels continuent de mener des attaques contre les populations et les infrastructures.
La situation sécuritaire reste également préoccupante à Kenscoff et à Gressier, deux communes du département de l’Ouest qui ont été le théâtre d’attaques meurtrières, de déplacements forcés et d’affrontements entre les forces de sécurité et les groupes armés.
Selon les Nations unies, plus de 5 700 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti entre janvier et la mi-septembre 2026, tandis que près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences.
Le renforcement annoncé des opérations intervient également dans le cadre du déploiement progressif de la FRG, dont le mandat a été prolongé par le Conseil de sécurité des Nations unies jusqu’au 31 mars 2027.
Cette force, autorisée à compter jusqu’à 5 500 personnels, doit appuyer les institutions haïtiennes dans la lutte contre les organisations criminelles. Ses effectifs demeurent néanmoins inférieurs au plafond autorisé, malgré l’arrivée de nouveaux contingents étrangers.
Dans ses récentes communications, l’ONU a rappelé la nécessité pour l’ensemble des forces engagées dans les opérations de sécurité de respecter les droits humains, de protéger les populations civiles et de garantir des mécanismes de responsabilité en cas d’abus.
Le gouvernement haïtien n’a pas précisé, dans son communiqué du 3 novembre, les moyens supplémentaires qui seront mobilisés pour les prochaines opérations ni les échéances envisagées pour la reprise des territoires sous contrôle des groupes armés.
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