PORT-AU-PRINCE, jeudi 26 juin 2025 (RHINEWS)- La Centrale Unitaire des Travailleurs des Secteurs Publics et Privés d’Haïti (CUTRASEPH)salue la détermination inébranlable des enseignants haïtiens en grève depuis plus de six mois et dénonce avec véhémence l’attitude du ministère de l’Éducation nationale face à la crise scolaire persistante.
« Nous saluons le courage des enseignants et enseignantes, notamment ceux et celles de la Grande-Anse, de Petit-Goâve, du Nord-Ouest, du Nord, du Nord-Est… qui poursuivent, dans des conditions extrêmement difficiles, leur mobilisation pour la satisfaction de leurs justes et légitimes revendications », déclare la centrale syndicale.
La CUTRASEPH fustige en particulier le comportement du ministre de l’Éducation, Augustin Antoine, qu’elle qualifie « d’irresponsable et scandaleux ». Selon le communiqué, le ministre « n’a rien fait de sérieux » pour résoudre la crise, mais envisage néanmoins l’organisation d’« examens officiels », alors que les apprentissages fondamentaux n’ont pas été assurés dans la majorité des écoles publiques.
« Parler d’examens nationaux sans véritable année scolaire est une insulte à l’intelligence collective et une manœuvre politicienne aux dépens des élèves les plus vulnérables », affirme la centrale.
La CUTRASEPH exprime également ses inquiétudes quant à la récente circulaire évoquant des cas de fraude administrative et de dysfonctionnements dans la gestion des salaires. Selon elle, ces cas sont utilisés « à des fins politiques » pour détourner l’attention des véritables problèmes structurels du système éducatif.
Elle dénonce en outre la décision gouvernementale de remplacer les cartes de débit par des chèques papier pour les fonctionnaires :
« Cette décision est inacceptable. Elle constitue un recul administratif et ouvre la voie à de nouvelles formes d’opacité dans la gestion des salaires. »
En conférence de presse, la CUTRASEPH a remis à la presse une copie de la lettre qu’elle a adressée à l’Inspecteur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), réclamant une enquête sur plusieurs cas de violences policières, notamment celui de l’enseignant Williamson Saint-Fleur.
« Le 18 mai dernier, au Cap-Haïtien, notre camarade Williamson Saint-Fleur a été sauvagement agressé par des agents de la PNH alors qu’il participait pacifiquement à une manifestation. Ces brutalités policières doivent cesser et les responsables doivent être sanctionnés », insiste la centrale.
La CUTRASEPH a également exprimé ses vives préoccupations concernant une possible mise en vigueur imminente du nouveau Code pénal, jugé controversé et « porteur de conséquences néfastes » pour les droits fondamentaux et les libertés publiques.
« Ce Code pénal, imposé sans consultation populaire sérieuse, contient des dispositions liberticides. Il faut alerter la population sur ses dangers », déclare l’organisation.
La centrale appelle tous les citoyens et citoyennes, tant en Haïti que dans la diaspora, à s’unir pour faire face à ce qu’elle qualifie de « théâtre politique criminel » et à exiger des actions concrètes contre l’insécurité organisée :
« L’heure est grave. Ce pays ne peut continuer à être gouverné par des imposteurs cyniques qui utilisent l’insécurité comme levier de pouvoir. Seule une mobilisation générale permettra de changer le cours des choses. »
La CUTRASEPH promet d’intensifier ses actions dans les jours à venir, appelant à une solidarité nationale autour des droits des enseignants, de la justice sociale et de la dignité citoyenne.

