Haïti : la CFR impute le report des élections au gouvernement Fils-Aimé et réclame un nouveau consensus politique…

Alix Didier Fils-Aimé, Premier Ministre d’Haiti…

PORT-AU-PRINCE, dimanche 1er novembre 2026 (RHINEWS) – La Coalition des forces républicaines (CFR) impute au gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé la responsabilité du report des élections et appelle les acteurs politiques et la société civile à dégager un nouveau consensus avant le 7 février 2027, dans une note datée du 31 octobre.

La coalition, qui se présente comme un regroupement de 44 partis et organisations sociopolitiques, réagit à la publication d’un nouveau calendrier électoral dans la nuit du mercredi 28 octobre. Elle qualifie cette modification de « troisième report des élections ».

« Le troisième report des élections consacre l’échec du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, qui n’a pas su créer les conditions indispensables à l’organisation des élections à la fin de l’année 2026 », affirme la CFR. Selon elle, ces scrutins devaient permettre une passation pacifique du pouvoir le 7 février 2027.

La coalition estime que le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, qu’elle présente comme la « seule base de légitimité » du gouvernement, n’a pas été respecté. « Ce pacte […] a été violé et a volé en éclats. Il est désormais totalement épuisé », soutient-elle.

Dans cette lecture politique, la CFR qualifie le Premier ministre de « dorénavant démissionnaire ». Cette formulation exprime la position de la coalition ; la note ne fait état d’aucune démission officiellement annoncée par Alix Didier Fils-Aimé.

Elle appelle les responsables politiques et les représentants de la société civile à faire émerger, « dans la concertation et le dialogue, un ultime consensus avant la date butoir du 7 février 2027, afin de préserver et de finaliser le processus électoral ».

La CFR accuse également le chef du gouvernement d’invoquer l’insécurité pour prolonger son maintien au pouvoir. Elle lui reproche de faire miroiter un remaniement ministériel aux acteurs politiques « en contrepartie de leur silence complice ».

Selon la coalition, Alix Didier Fils-Aimé constitue désormais « le principal obstacle à l’organisation des élections », malgré les efforts qu’elle attribue au Conseil électoral provisoire et à la communauté internationale.

La CFR dénonce par ailleurs ce qu’elle présente comme la décision du Premier ministre de lancer sa propre plateforme politique. Elle estime qu’une telle initiative compromet la confiance dans le processus électoral et soulève un problème d’équité entre les forces politiques, compte tenu de son accès aux ressources publiques.

« Disposant des finances de l’État, Alix Didier Fils-Aimé devient à la fois juge et partie », affirme la coalition.