Haïti/diplomatie : Raina Forbin réunit les responsables de 57 représentations diplomatiques et consulaires pour évaluer la politique étrangère du gouvernement…

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PORT-AU-PRINCE, mercredi 28 octobre 2026 (RHINEWS) – La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a présidé, mardi 27 octobre, une réunion de travail par visioconférence avec les responsables des 57 missions diplomatiques, représentations permanentes et postes consulaires d’Haïti à l’étranger, consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route diplomatique du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC), cette rencontre a permis d’examiner l’état d’avancement des orientations gouvernementales en matière de politique étrangère et de rappeler les priorités assignées aux représentations haïtiennes à l’étranger.

La chancelière a présenté plusieurs mesures destinées à améliorer le fonctionnement administratif et les performances du réseau diplomatique et consulaire haïtien.

Elle a notamment insisté sur la nécessité d’une utilisation optimale des plateformes numériques mises à la disposition des représentations extérieures, dans le but de moderniser les procédures administratives et d’améliorer la qualité des services consulaires fournis aux ressortissants haïtiens établis à l’étranger.

La ministre a également annoncé le déploiement progressif du premier « Pool d’administrateurs diplomatiques et consulaires », une structure appelée à renforcer la gestion administrative des représentations haïtiennes à l’étranger.

Cette initiative vise, selon le ministère, à améliorer l’organisation et le fonctionnement des missions diplomatiques et consulaires, notamment en matière de gestion administrative.

Le communiqué ne précise toutefois ni le nombre d’administrateurs concernés, ni les critères de leur sélection, ni le calendrier de leur affectation dans les différentes représentations.

Les autorités n’ont pas non plus communiqué de bilan chiffré concernant les résultats obtenus dans l’application de la feuille de route diplomatique du gouvernement ou les éventuelles difficultés rencontrées par les missions à l’étranger.

Dans son communiqué, le MAEC présente ces dispositions comme des mesures visant à « moderniser et professionnaliser la diplomatie haïtienne », afin de la rendre « plus efficace, plus cohérente et davantage orientée vers les résultats ».

La rencontre intervient dans un contexte où les représentations diplomatiques et consulaires haïtiennes sont notamment chargées de défendre les intérêts du pays, d’entretenir les relations avec les États et les organisations internationales et d’assurer des services administratifs aux communautés haïtiennes établies à l’étranger.

Ces annonces interviennent également dans un contexte marqué par des accusations récurrentes de corruption, de mauvaise gestion administrative et d’irrégularités financières au sein de plusieurs représentations consulaires haïtiennes, notamment à Miami, aux États-Unis, et en Guadeloupe, dont la circonscription consulaire couvre également la Martinique.

Dans un rapport d’audit récemment rendu public, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a relevé des irrégularités financières totalisant 2 968 613,81 euros dans la gestion du consulat général d’Haïti en Guadeloupe, pour la période allant de février 2012 à novembre 2018.

Le document, daté de juillet 2024, met notamment en cause la gestion de Lafontant Louis, ancien responsable du poste consulaire et ordonnateur des dépenses.

Selon les conclusions de la commission d’audit, plusieurs opérations financières ont été effectuées sans pièces justificatives suffisantes. Les vérificateurs ont notamment constaté des recettes consulaires qui n’avaient pas été intégralement déposées sur les comptes bancaires du consulat, des transferts insuffisamment documentés vers l’ambassade d’Haïti à Washington, ainsi que des dépenses engagées en l’absence de contrats ou de justificatifs appropriés.

Le rapport fait également état d’un écart de 537 038,37 euros entre les recettes journalières enregistrées et les dépôts bancaires figurant dans les documents examinés. Les auditeurs ont par ailleurs relevé des différences importantes entre les recettes consulaires déclarées et les sommes effectivement transférées à l’ambassade d’Haïti à Washington.

La commission a notamment constaté l’utilisation, à certaines occasions, de la carte bancaire du consulat à des fins personnelles, pour un montant total de 2 910,52 euros. « Aucun remboursement n’a été retracé », précise le rapport.

Les auditeurs soulignent également que les opérations de collecte et d’utilisation des recettes provenant de la délivrance des passeports et d’autres actes consulaires n’ont pas toujours respecté les dispositions légales régissant la gestion des fonds publics.

« Il est strictement prohibé de compenser les recettes et les dépenses », rappelle la commission, qui relève que certaines recettes étaient directement utilisées pour financer des dépenses avant leur dépôt en banque.

Ces constatations concernent une phase d’audit administratif et ne constituent pas un jugement définitif établissant la responsabilité pénale ou financière des personnes citées. Le rapport prévoit la possibilité pour les responsables concernés de présenter leurs observations avant les éventuelles suites juridictionnelles.

Aux États-Unis, le consulat général d’Haïti à Miami a également fait l’objet, ces dernières années, de dénonciations portant sur des soupçons de détournement de recettes consulaires, des irrégularités présumées dans le traitement des demandes de passeport et des dysfonctionnements administratifs.

En 2023 et 2024, plusieurs demandeurs avaient notamment signalé des retards prolongés dans la délivrance de leurs documents de voyage, tandis que des sources consulaires faisaient état de soupçons de perception irrégulière de fonds et de problèmes de rémunération du personnel. Ces accusations ne sauraient toutefois être assimilées à des faits judiciairement établis.

En mai 2025, le ministère des Affaires étrangères avait par ailleurs contesté des allégations concernant l’utilisation de fonds destinés au relogement du consulat de Miami. Il avait assuré que les 489 millions de gourdes affectés à ce projet demeuraient disponibles sur un compte bancaire et n’avaient fait l’objet d’aucun mouvement suspect.

Ces précédents soulèvent la question du renforcement des mécanismes de contrôle interne, de la traçabilité des recettes consulaires, de la justification des dépenses et de la reddition des comptes au sein des représentations haïtiennes à l’étranger.

Le communiqué du 27 octobre ne précise pas si les mesures annoncées par la ministre Raina Forbin prévoient des audits supplémentaires, des procédures particulières de contrôle financier ou des dispositions destinées à donner suite aux irrégularités déjà signalées par les organes de vérification.

Le ministère n’a pas annoncé, à l’issue de cette réunion, de nouvelles nominations diplomatiques ni de modifications dans la répartition des missions et postes consulaires.