Haïti : un colloque à Boston appelle les Églises protestantes à s’unir et à soutenir des projets économiques…

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BOSTON, mercredi 28 octobre 2026 (RHINEWS)– Applied Leadership and Development Group, Inc., une organisation d’obédience chrétienne, appelle les Églises protestantes haïtiennes à dépasser leurs divisions, à soutenir des activités économiques durables et à demander des comptes aux pouvoirs publics, à l’occasion d’un colloque prévu à Boston, dans le Massachusetts, du 31 octobre au 1er novembre.

Dans un texte daté du 26 octobre et signé par Jean-Samuel Trezil, l’organisation présente cette rencontre comme une occasion d’examiner le rôle des communautés protestantes face à la crise politique, économique et sociale en Haïti. Elle invite les Églises établies dans le pays et à l’étranger à mettre en commun leurs ressources spirituelles, intellectuelles et matérielles pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population.

« Le temps est venu pour les Églises de s’unir et pour l’État d’agir », affirme le texte, qui associe cet appel à une demande de politiques publiques en matière de sécurité, de relance économique, de développement et de rétablissement de l’État de droit.

Organisé dans le cadre d’une réflexion sur la Réforme protestante, le colloque entend dépasser la seule commémoration religieuse. Ses promoteurs appellent à « un examen de conscience profond et sans concession » sur l’identité chrétienne des Églises, leur fidélité à l’Évangile et la cohérence de leur témoignage face aux difficultés de la société haïtienne.

Selon le document, les principes de la Réforme doivent se traduire par un retour constant aux Écritures et un renouvellement spirituel et éthique. La Réforme ne devrait donc pas rester une référence historique, mais nourrir la transformation des pratiques des communautés protestantes.

Le texte estime que les difficultés politiques du pays compromettent son économie, aggravent la pauvreté et réduisent les perspectives de développement. Dans ce contexte, il met en garde contre le risque de voir les Églises perdre leur crédibilité auprès des populations si elles demeurent enfermées dans leurs divisions ou éloignées des préoccupations matérielles des citoyens.

« Le premier chantier du protestantisme doit nécessairement être celui de sa propre cohésion interne, avant de pouvoir bâtir une unité d’action au bénéfice d’Haïti », soutient le document.

L’organisation précise que l’unité recherchée ne suppose pas une uniformisation des croyances ou des pratiques. Elle propose une convergence d’actions respectant l’identité et la vocation de chaque communauté chrétienne, afin de renforcer la capacité collective du secteur à intervenir dans la société.

Sur le plan économique, l’appel encourage la promotion de l’entrepreneuriat chrétien, d’initiatives génératrices de revenus, de coopératives et de projets communautaires. Ces activités devraient, selon ses auteurs, améliorer durablement les conditions de vie, restaurer la dignité des personnes et créer de la richesse par la production et le travail.

« La foi sans les œuvres est morte », rappelle le texte, qui demande aux Églises de traduire leur engagement religieux en initiatives concrètes et coordonnées. L’objectif annoncé est de dépasser l’assistance immédiate pour favoriser des moyens de subsistance durables, au bénéfice des croyants comme de l’ensemble de la population.

L’organisation interpelle également les autorités gouvernementales, estimant que la responsabilité sociale des Églises ne dispense pas l’État de ses obligations, notamment en matière de protection des citoyens.

« Nous demandons instamment la mise en œuvre de politiques publiques concrètes, transparentes et efficaces au bénéfice des citoyens », indique le document. Il appelle le gouvernement à agir sans délai pour garantir la sécurité, relancer l’économie et créer les conditions d’un développement durable.

« Le bonheur du peuple haïtien doit redevenir la boussole de toute action politique », poursuit le texte.

En raison de sa représentativité et de sa proximité avec les populations pauvres, le secteur protestant est invité à porter les préoccupations des communautés, à exiger des comptes des autorités et à défendre la primauté de l’intérêt public. L’appel lui demande aussi d’assumer sa propre responsabilité dans l’accompagnement des personnes en difficulté.

Les domaines d’action proposés comprennent le travail décent et productif, l’éducation, l’accès aux soins de santé, la solidarité et l’investissement communautaire. Le document critique certaines pratiques religieuses, qu’il désigne notamment par le terme de « néo-indulgence », en estimant qu’elles ne contribuent pas réellement à l’amélioration des conditions de vie.

Il invite également les Églises à dépasser leurs divisions et à renoncer à ce qu’il appelle des « théologies de complaisance ».

« Notre démarche n’est pas centrée sur une théologie de la prospérité ou individualiste », précise le texte. L’approche défendue repose sur la mise en commun des ressources humaines, intellectuelles, religieuses et économiques pour financer et mener des projets d’utilité collective répondant à la pauvreté dans les communautés.