Haïti : des corps retrouvés après l’embuscade, Bukele dément la mort des quatre militaires salvadoriens…

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PORT-AU-PRINCE, samedi 24 octobre 2026 (RHINEWS) – Le président salvadorien Nayib Bukele a affirmé samedi que les dépouilles remises en Haïti à des représentants de son pays ne sont pas celles des quatre militaires salvadoriens disparus depuis une embuscade le 18 octobre à Croix-des-Bouquets. Cette déclaration contredit les premières informations selon lesquelles les corps retrouvés pourraient appartenir aux soldats recherchés.

« Ce ne sont pas nos hommes », a écrit le chef de l’État sur le réseau social X. Selon lui, une organisation non gouvernementale a remis des restes humains à l’aéroport de Port-au-Prince en les présentant comme ceux des quatre techniciens aéronautiques salvadoriens.

Nayib Bukele a soutenu que les dépouilles présentaient des caractéristiques incompatibles avec celles des disparus : les restes d’un enfant, ceux d’un homme nettement plus grand que les techniciens recherchés et ceux d’une personne portant une partie d’un uniforme militaire étranger. Il a également fait état de documents d’identification et de vêtements militaires d’autres pays. Ces indications constituent la version du président salvadorien ; aucun résultat d’expertise médico-légale n’était présenté dans les informations consultées.

Plus tôt samedi, des informations faisant état de la récupération de quatre corps aux abords de la capitale avaient évoqué la possibilité qu’il s’agisse des militaires disparus. Les dépouilles, gravement brûlées, devaient être soumises à des examens pour établir leur identité. L’annonce initiale ne constituait donc pas une confirmation de leur décès.

Les quatre Salvadoriens sont portés disparus depuis le dimanche 18 octobre, après l’attaque de leur véhicule à Croix-des-Bouquets, au nord-est de Port-au-Prince. Selon les autorités salvadoriennes, ils revenaient d’un marché et regagnaient leur base lorsque des hommes armés ont ouvert le feu et utilisé des explosifs. Les militaires ont réussi à sortir du véhicule incendié, avant que le contact avec eux ne soit perdu.

Les disparus sont des techniciens aéronautiques affectés à la Force de répression des gangs (FRG), mission multinationale autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Des hélicoptères mobilisés après l’embuscade ont également essuyé des tirs, tandis que les affrontements compliquaient les tentatives de secours.

Le mercredi 21 octobre, Nayib Bukele avait affirmé que les quatre hommes étaient retenus en otage par des gangs et annoncé une opération militaire pour les récupérer. Dans un message publié en créole haïtien, il avait déclaré : « Nous avons un seul objectif : ramener nos quatre compatriotes chez eux vivants, sans aucun mal. »

Le président salvadorien avait accompagné cette annonce d’un avertissement aux ravisseurs, menaçant d’intensifier les opérations si les militaires n’étaient pas libérés vivants et indemnes. Il avait également insisté sur les fonctions techniques des disparus, dont les missions comprenaient les évacuations médicales.

Des renforts salvadoriens sont arrivés à Port-au-Prince à partir du jeudi 22 octobre pour soutenir les recherches. La FRG a annoncé leur participation aux opérations de recherche et de sécurité dans la Plaine du Cul-de-Sac, en coordination avec la Police nationale d’Haïti et ses partenaires opérationnels.

Le gouvernement haïtien avait, pour sa part, réuni les responsables concernés à la Primature le 21 octobre, sous la coordination du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. « La libération des soldats enlevés constitue une priorité absolue, et toutes les ressources nécessaires sont mobilisées pour atteindre cet objectif », avait-il affirmé dans un communiqué annonçant le renforcement de la coordination avec la FRG.

Les groupes Chyen Mechan et 400 Mawozo, actifs dans la zone de l’embuscade, ont été cités dans les informations relatives à l’attaque. Aucune revendication publique n’avait toutefois été rapportée dans les sources consultées, ce qui ne permet pas d’établir définitivement la responsabilité d’un groupe précis.

Cette disparition intervient alors que la force internationale demeure confrontée à des besoins importants en personnel et en moyens. Elle compte environ 2 000 membres déployés, pour un effectif autorisé d’environ 5 500. La mission précédente, dirigée par le Kenya, avait elle aussi souffert d’un manque de financement, d’équipements et d’effectifs.

Au terme des informations disponibles samedi soir, le sort des quatre techniciens salvadoriens restait inconnu. Le démenti de Nayib Bukele sur l’identité des dépouilles ne s’accompagnait d’aucune indication nouvelle sur leur localisation ni d’une annonce de leur libération.