Haïti / Crise : Me Jean Danton Léger estime que la proposition visant à confier la transition au président de la Cour de cassation va « dans la bonne direction », tout en appelant à un consensus national élargi…

Jean Danton Leger, avocat et ex-depute de Leogane

PORT-AU-PRINCE , mardi 3 février 2026 (RHINEWS)-Me Jean Danton Léger, ex-commissaire du gouvernement et ancien député de Léogâne (49e législature), a estimé que l’initiative d’un groupe d’individus visant à proposer Me Jean Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation, comme président de la prochaine transition constitue « un pas vers la bonne direction », tout en jugeant la démarche insuffisante en l’absence d’un large consensus national.

« Je précise bien mes mots : c’est un pas vers la bonne direction, mais ce n’est qu’un pas », a déclaré Léger, réagissant à cette initiative présentée comme une option de sortie de crise institutionnelle.

Selon lui, la principale faiblesse de la proposition réside dans le manque de concertation autour de l’ensemble des juges de la Cour de cassation et des autres acteurs nationaux. « Il n’y a pas eu de consensus autour des juges de la Cour de cassation. Ce n’est pas uniquement le président de la Cour qui peut décider ou incarner, à lui seul, la magistrature suprême de l’État », a-t-il souligné.

Me Léger estime que d’autres magistrats pourraient également être porteurs de « très bonnes intentions » et capables de servir le pays. « Il peut y avoir d’autres juges animés d’un véritable esprit de service public. Les exclure d’emblée ne favorise pas l’adhésion collective », a-t-il ajouté.

L’ancien parlementaire appelle ainsi à un processus plus inclusif, impliquant l’ensemble des forces politiques et sociales. « Nous devrions nous accorder un délai de 24 à 48 heures, au maximum, pour permettre à tous les acteurs potentiels – politiques, sociaux et institutionnels — de présenter leurs propositions », a-t-il déclaré.

Il a notamment évoqué la nécessité d’associer les partis politiques, les organisations de la société civile, les confessions religieuses – catholiques, protestantes – ainsi que le vodou organisé, afin de parvenir à une décision consensuelle. « Que tous ces acteurs se retrouvent autour d’une même table, confrontent leurs propositions et dégagent un consensus autour d’une personnalité », a-t-il expliqué.

Jean Danton Léger a également plaidé pour l’intégration de la diaspora haïtienne dans le processus de transition, estimant qu’elle devrait disposer d’une représentation dans les discussions menant à la désignation des autorités provisoires.

Concernant la gouvernance de transition, il préconise la formation d’un gouvernement d’union nationale « équilibré et inclusif », doté d’un mandat clair. « Il s’agit d’un gouvernement capable de rétablir la sécurité, de lutter efficacement contre les gangs et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles », a-t-il affirmé.

Selon lui, un exécutif de transition pourrait disposer de six à douze mois pour organiser les élections, et jusqu’à douze mois pour achever sa mission et doter le pays d’autorités légitimes. « À condition qu’il y ait une réelle volonté politique, ces objectifs sont atteignables », a-t-il soutenu.

Me Jean Danton Léger a réaffirmé que l’initiative visant à proposer Me Jean Joseph Lebrun « va dans la bonne direction », tout en insistant sur la nécessité d’un processus véritablement participatif. « Nous sortons d’une transition. Il faut reconnaître que la transition appartient à tout le monde et, en même temps, à personne », a-t-il conclu.