PORT-AU-PRINCE, mardi 27 octobre 2026 – Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a appelé lundi à des mesures plus décisives et coordonnées contre les gangs en Haïti, tout en exprimant sa solidarité avec le Salvador et les familles de quatre militaires salvadoriens disparus depuis une embuscade le 18 octobre.
« Notre solidarité va au Salvador, à son gouvernement et à son peuple, et tout particulièrement aux familles des quatre membres du personnel salvadorien disparus en Haïti », a déclaré Albert Ramdin dans un message publié sur le réseau social X. Il a exprimé l’espoir de les voir revenir sains et saufs.
Le responsable de l’organisation hémisphérique a estimé que cet épisode mettait en évidence la nécessité urgente de renforcer l’action contre les groupes criminels. Il a également demandé à la communauté internationale d’accroître son soutien à Haïti pour rétablir la sécurité et protéger la population.
Albert Ramdin n’a pas précisé les mesures qu’il préconisait ni annoncé de démarche particulière de l’OEA pour retrouver les quatre disparus. Son intervention portait sur la solidarité avec les familles et le renforcement de la réponse internationale à l’insécurité.
Cette réaction intervient dans un contexte d’intensification des recherches et de controverse sur l’identité de restes humains remis le 24 octobre à une équipe salvadorienne à l’aéroport de Port-au-Prince. Présentées comme pouvant appartenir aux quatre militaires disparus, les dépouilles étaient fortement brûlées et nécessitaient des examens médico-légaux pour être identifiées.
« Ce ne sont pas nos hommes », a affirmé le président salvadorien Nayib Bukele. Selon lui, les restes remis par une organisation non gouvernementale comprenaient ceux d’un enfant, d’un homme nettement plus grand que les techniciens disparus et d’une personne portant des éléments d’un uniforme militaire étranger. Il n’a pas décrit séparément le quatrième corps.
La Force de répression des gangs (FRG) a indiqué le lendemain avoir reçu, par l’intermédiaire d’une organisation humanitaire extérieure, des restes susceptibles d’appartenir aux quatre Salvadoriens. Elle a toutefois précisé qu’elle n’était pas en mesure de confirmer leur identité. La remise des dépouilles ne constituait donc pas une confirmation officielle du décès des militaires recherchés.
Les quatre hommes, des techniciens aéronautiques affectés à la mission internationale, ont disparu après l’attaque de leur véhicule dans le secteur de Santo, à Croix-des-Bouquets, le dimanche 18 octobre. Ils avaient quitté le véhicule en flammes avant que le contact soit perdu avec eux.
Le 21 octobre, Nayib Bukele avait annoncé une opération militaire pour les retrouver et exigé leur retour « vivants et indemnes ». Il avait menacé les groupes armés d’une réponse plus puissante s’ils ne les libéraient pas, les avertissant de ne pas considérer ses déclarations comme des « menaces en l’air ».
Au moins 200 membres des forces spéciales salvadoriennes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches, selon une personne informée du déploiement. La FRG a confirmé l’arrivée d’un contingent salvadorien destiné à soutenir les opérations de recherche et de sécurité dans la plaine du Cul-de-Sac, en coordination avec la Police nationale d’Haïti.

