Fusion avertit d’un vide politique imminent en Haïti et appelle à une nouvelle gouvernance…

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PORT-AU-PRINCE, vendredi 23 janvier 2026 (RHINEWS)  Le parti Fusion des Socio-Démocrates Haïtiens a alerté sur un « vide politique préoccupant » à l’approche du 7 février 2026, estimant que le pays entre dans la nouvelle année dans un contexte de crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle et appelant à une refondation urgente de la gouvernance.

Dans un communiqué, la Fusion souligne que « l’année 2026 s’ouvre dans un contexte d’extrême gravité pour notre pays, plongé dans une crise multidimensionnelle plus profonde encore que celle observée il y a cinq ans », rappelant que l’insécurité, la précarité économique et l’affaiblissement de l’État se sont aggravés au fil de la transition. Le parti met en garde contre « l’imposition de solutions importées, souvent déconnectées des réalités haïtiennes et des aspirations profondes du peuple ».

Revenant sur la création du Conseil présidentiel de transition (CPT), issue du mot d’ordre de « Transition de rupture », la Fusion estime que cette instance n’a pas répondu aux attentes. « La mission essentielle du CPT se résumait à deux objectifs majeurs : rétablir la sécurité et organiser des élections générales afin de doter le pays de représentants légaux et légitimes au 7 février 2026 », rappelle le communiqué, ajoutant que, « mesuré à l’aune des attentes d’une société profondément angoissée, le CPT s’est inscrit dans la continuité de l’immobilisme et de la gestion au jour le jour ».

Après vingt-et-un mois de gouvernance, la Fusion affirme qu’« aucun résultat tangible n’a été livré au peuple haïtien », dénonçant une transition jugée « calamiteuse et coûteuse pour le Trésor public ». Sur le plan économique, le parti s’appuie sur les données officielles pour dresser un constat alarmant. « L’Institut haïtien de statistique et d’informatique confirme qu’Haïti a clôturé l’année 2025 avec une septième année consécutive de croissance négative », indique le texte, précisant que le produit intérieur brut s’est contracté de 2,7 % sur l’exercice fiscal 2024-2025, portant la baisse cumulée à plus de 16 % depuis 2018.

La Fusion cite également la Banque de la République d’Haïti, qui fait état d’une inflation annuelle de 32,2 %, soulignant que « cette flambée des prix, aggravée par la paralysie des circuits de distribution et le contrôle de plusieurs axes routiers par des groupes armés, a anéanti le pouvoir d’achat de milliers de ménages ». Selon le parti, la production nationale est en net recul et les investissements sont « pratiquement à l’arrêt », tandis que la pression fiscale demeure historiquement faible, autour de 5 %, limitant la capacité de l’État à financer des politiques sociales.

À quinze jours de l’échéance constitutionnelle, la Fusion estime que le pays se dirige vers « un vide politique préoccupant », après « des divisions internes, des scandales de corruption et des manœuvres politiciennes ». Face à cette situation, le parti appelle « les trois grands secteurs de la vie nationale – politique, économique et social – à s’asseoir ensemble, dans un esprit de dépassement et de responsabilité historique », afin de proposer « une nouvelle forme de gouvernance dans un délai ne dépassant pas quinze jours ».

Le parti affirme qu’« il est encore possible de mettre de côté les égos et les calculs partisans pour élaborer un véritable projet de société », et plaide pour une sortie de crise fondée sur une politique de solidarité active et un État stratège. La Fusion recommande la mise en œuvre, dès le 7 février, « d’un plan de stabilisation d’urgence axé sur la protection sociale », incluant des subventions ciblées sur les produits de première nécessité et un soutien renforcé au crédit agricole.

Sur le plan institutionnel, la Fusion préconise une réforme fiscale « équitable et progressive », le renforcement des institutions républicaines et « une lutte implacable contre la corruption ». Pour rétablir l’autorité de l’État et créer les conditions d’élections crédibles, le parti propose enfin la formation d’« un gouvernement de salut public sous la présidence d’un juge de la Cour de cassation », chargé d’organiser des élections « souveraines, honnêtes et inclusives », jugées indispensables pour restaurer la légitimité démocratique.