États-Unis : la députée démocrate Ayanna Presley lance une procédure pour forcer un vote sur la prolongation du TPS pour Haïti…

photo: bureau de la deputee: Ayanna Pressley (D-Mass.)...

WASHINGTON, jeudi 22 janvier 2026 (RHINEWS)- La représentante démocrate Ayanna Pressley, co-présidente du House Haiti Caucus, a annoncé le dépôt d’une « discharge petition », une procédure parlementaire destinée à contraindre la Chambre des représentants à se prononcer sur un projet de loi imposant à l’administration Trump de prolonger de trois ans le Statut de protection temporaire (Temporary Protected Status, TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Pour aboutir, cette procédure devra recueillir 218 signatures de membres de la Chambre. Le TPS pour Haïti doit expirer le 3 février 2026, une échéance qui exposerait plus de 350 000 ressortissants haïtiens au risque d’une expulsion, alors que nombre d’entre eux occupent des emplois essentiels, notamment dans les secteurs de la santé et de l’aide aux personnes âgées.

« Prolonger le TPS pour Haïti n’est pas seulement un impératif moral et humanitaire, c’est aussi une bonne politique publique, qui garantit que les bénéficiaires du TPS, dont beaucoup travaillent dans les secteurs des soins de santé et de l’accompagnement des personnes âgées, puissent poursuivre leur travail essentiel et leurs contributions à nos communautés », a déclaré Ayanna Pressley. « C’est pourquoi je suis fière d’introduire cette mesure pour forcer un vote sur la prolongation du TPS pour les Haïtiens : si le président refuse d’agir pour protéger des vies haïtiennes, alors le Congrès doit le faire. »

Une conférence de presse organisée le même jour par Mme Pressley, en présence du représentant Maxwell Frost, élu démocrate de Floride, et de la représentante Yvette D. Clarke, co-présidente du “House Haiti Caucus” pour l’État de New York, a réuni une coalition d’organisations et de responsables associatifs qui ont mis en garde contre les conséquences d’une fin du TPS pour Haïti sur les personnes âgées et sur l’économie américaine des soins. Parmi les intervenants figuraient Luis Zaldivar de l’American Business Immigration Coalition, Arnoldo Diaz de la National TPS Alliance, Katia Guillaume du syndicat SEIU, Ronald Claude de la Black Alliance for Just Immigration, Teofila Liriano de la National Domestic Workers Alliance, Katie Smith Sloan de LeadingAge, Monica Vargas de la Haitian Bridge Alliance, ainsi que Rob Leibreich et Irma Canan de Goodwin Living.

Selon les données présentées, les immigrés représentent un travailleur sur quatre dans les soins de longue durée et plus de 30 % des emplois de soutien dans les maisons de retraite. Les bénéficiaires du TPS, bien que minoritaires dans la population totale, constituent environ 15 % des travailleurs non citoyens du secteur de la santé, et plus de 20 % des Haïtiens aux États-Unis exercent une activité dans ce domaine. À l’horizon 2050, la population américaine âgée de 65 ans et plus devrait augmenter de 50 %, tandis que le pays fait déjà face à une pénurie projetée de 3,5 millions de professionnels de santé d’ici à 2030.

« Les crises politiques, économiques et la violence des gangs qui frappent Haïti aujourd’hui ne sont pas matière à débat. C’est la réalité vécue par le peuple haïtien, et elle ne fera que s’aggraver si le TPS pour Haïti expire le 3 février », a déclaré Yvette D. Clarke. « Il n’existe qu’une seule voie morale et humanitaire : prolonger le TPS pour Haïti. » La représentante Sheila Cherfilus-McCormick, également co-présidente du House Haiti Caucus, a estimé que « révoquer le TPS pour les Haïtiens dans ce contexte est un acte malveillant et inhumain », soulignant que les bénéficiaires haïtiens du TPS contribuent à hauteur de plus de 35 milliards de dollars par an à l’économie américaine.

De son côté, Maxwell Frost a dénoncé « une décision dangereuse qui place des milliers de familles en danger immédiat », affirmant que la procédure engagée vise à protéger « des personnes qui ont construit leur vie ici et contribuent de manière significative à nos communautés ». Arnoldo Diaz, de la National TPS Alliance, a averti d’une « crise humanitaire et économique » imminente et appelé le Congrès à agir sans délai.

La présidente-directrice générale de LeadingAge, Katie Smith Sloan, a insisté sur l’impact pour le secteur des services aux personnes âgées, déclarant que la fin annoncée du TPS haïtien aggrave des pénuries de main-d’œuvre déjà documentées et menace l’accès des seniors aux soins, certains prestataires risquant de perdre en une seule journée jusqu’à 8 % de leurs effectifs.

Cette initiative intervient alors qu’Ayanna Pressley et le sénateur démocrate Ed Markey ont tenu cette semaine à Boston une audition de terrain consacrée à l’importance de la prolongation du TPS pour Haïti. Élue de la 7ᵉ circonscription du Massachusetts, Mme Pressley représente l’une des plus importantes communautés de la diaspora haïtienne aux États-Unis et s’est illustrée ces dernières années par une mobilisation constante sur les dossiers haïtiens et migratoires. Depuis 2021, elle a multiplié les déclarations, lettres et initiatives parlementaires condamnant la fin du TPS pour Haïti, dénonçant les violences et l’instabilité politique dans le pays, appelant à la suspension des expulsions, à l’octroi de protections humanitaires, à la réforme de politiques migratoires telles que le Title 42, et à un soutien accru à une transition politique haïtienne menée par les Haïtiens eux-mêmes.

Le texte du projet de loi et les images de la conférence de presse ont été rendus publics par le bureau de la représentante Pressley, alors que le compte à rebours se poursuit avant l’échéance du 3 février 2026.