Feuille de route pour Haïti : l’OEA veut reprendre la main, la CARICOM réclame sa place…

Des representants de la CARICOM...

GEORGETOWN/, jeudi 28 août 2025 (RHINEWS)– La Communauté des Caraïbes (CARICOM) a réaffirmé jeudi son engagement à accompagner Haïti vers la stabilité politique et la sécurité, à travers son Groupe des personnalités éminentes (EPG). Ce dernier a participé le 27 août à Washington à une réunion de haut niveau organisée par l’Organisation des États américains (OEA), autour de la Feuille de route pour la stabilité et la paix en Haïti, annoncée récemment par l’organisation continentale.

Selon la CARICOM, les discussions ont été « productives » et ont permis d’aligner les efforts régionaux et internationaux en faveur d’Haïti. Présidée par l’ambassadeur Albert Ramdin, secrétaire général adjoint de l’OEA, la rencontre a réuni le Premier ministre haïtien Aix Fils-Aimé, l’assistant secrétaire général des Nations Unies Miroslav Jeňca, ainsi que les membres de l’EPG de la CARICOM : l’ancien Premier ministre de Sainte-Lucie, Kenny Anthony, l’ancien Premier ministre des Bahamas, Perry Christie, l’ambassadeur Colin Granderson, conseiller spécial pour Haïti, et Elizabeth Solomon, secrétaire générale adjointe chargée des Relations extérieures et communautaires.

« La Feuille de route de l’OEA doit s’appuyer sur une approche inclusive et concertée, afin de donner à Haïti une chance réelle de sortir du cycle d’instabilité », a insisté la CARICOM dans son communiqué. L’organisation caribéenne a ajouté que son rôle de bons offices se concentre sur « la sécurité, la gouvernance, le processus électoral, ainsi que la planification et le plaidoyer pour le développement à long terme », des domaines qu’elle considère comme incontournables pour bâtir un avenir durable en Haïti.

La délégation de la CARICOM a également pris part à la deuxième réunion du Groupe des amis d’Haïti de l’OEA, plateforme diplomatique visant à mobiliser un soutien international cohérent autour du pays. Selon la Communauté, « la coordination avec les partenaires multilatéraux, notamment l’ONU et l’OEA, est essentielle pour que l’aide internationale ne soit pas dispersée, mais orientée vers des résultats concrets et mesurables ».

Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 et la dégradation accélérée de la sécurité sous la pression des gangs armés, la CARICOM s’est imposée comme un acteur diplomatique clé dans le dossier haïtien. Son Groupe des personnalités éminentes, composé de trois anciens chefs de gouvernement – Perry Christie (Bahamas), Bruce Golding (Jamaïque) et Kenny Anthony (Sainte-Lucie) – a multiplié les missions à Port-au-Prince et dans la région, tentant de faciliter le dialogue politique entre les différentes forces haïtiennes. « Nous avons toujours cherché à mettre les Haïtiens au centre de la solution, tout en maintenant un lien étroit avec les partenaires internationaux », avait déjà déclaré Bruce Golding en juillet dernier, rappelant les multiples consultations menées par l’EPG auprès des acteurs haïtiens.

La CARICOM, qui regroupe quinze États membres et six associés, se veut un espace d’intégration et de solidarité régionale. Fondée en 1973, elle revendique une mission reposant sur quatre piliers : l’intégration économique, la coordination de la politique étrangère, le développement humain et social, ainsi que la coopération en matière de sécurité. « Notre objectif est de bâtir une Communauté inclusive, résiliente et intégrée, où chaque citoyen caribéen bénéficie de ses droits et contribue à la prospérité collective », souligne l’organisation.

En insistant sur la coordination étroite entre l’OEA, l’ONU et la CARICOM, l’organisation caribéenne a voulu rappeler qu’Haïti, membre fondateur de la CARICOM, demeure au cœur des priorités régionales. « Le destin d’Haïti est aussi celui de la Caraïbe », déclarait récemment le secrétaire général de la CARICOM, Carla Barnett, pour qui la crise haïtienne est « une épreuve collective que la région et la communauté internationale doivent affronter ensemble ».