WASHINGTON, vendredi1er août 2025 (RHINEWS) – Une juge fédérale de Washington a interdit vendredi à l’administration Trump de procéder à l’expulsion expéditive de centaines de milliers de migrants admis aux États-Unis dans le cadre d’un programme de libération conditionnelle, freinant ainsi une initiative majeure du Département de la sécurité intérieure visant à renforcer les renvois de non-citoyens.
Dans sa décision, la juge Jia M. Cobb du tribunal de district du District de Columbia a suspendu l’annulation d’un programme mis en place sous l’administration Biden. Celui-ci permettait aux ressortissants de Cuba, du Nicaragua, du Venezuela et d’Haïti fuyant la violence ou l’instabilité d’entrer légalement aux États-Unis pour une durée maximale de deux ans. L’ordonnance empêche, pour l’instant, leur expulsion rapide, même pour ceux admis depuis plusieurs mois ou années.
« Dans un monde d’options défavorables, ils ont suivi les règles », a écrit la juge Cobb dans sa décision. « Désormais, le gouvernement non seulement ferme ces voies aux nouveaux arrivants, mais change aussi les règles du jeu pour ceux qui sont déjà ici, limitant leur capacité à demander une régularisation et les exposant à une expulsion sommaire, en dépit des lois qui interdisent à l’exécutif d’agir ainsi. »
Nommée par le président Joe Biden, la juge Cobb a souligné que l’accélération des expulsions faisait suite à des pressions exercées par Stephen Miller, chef adjoint de cabinet à la Maison-Blanche, et Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure. Tous deux auraient exigé en mai dernier que les services d’immigration (ICE) procèdent à 3.000 arrestations quotidiennes.
Elle a exprimé une vive inquiétude face à l’usage généralisé de la procédure d’expulsion accélérée, qu’elle estime privée de garanties fondamentales. Cette pratique, selon elle, empêche souvent les migrants de consulter un avocat ou de faire valoir leur droit à rester légalement, les rendant vulnérables à des arrestations arbitraires, parfois dès la sortie des tribunaux, par des agents en civil ne présentant ni mandat ni motif officiel.
« La question sous-jacente de cette affaire est de savoir si des personnes ayant fui l’oppression auront une chance de plaider leur cause dans un système juste, ou si elles seront expulsées sommairement d’un pays qui, à leurs yeux, commence à ressembler de plus en plus à celui qu’elles ont fui », a-t-elle écrit.
La juge Cobb a reconnu qu’il était difficile de déterminer le nombre exact de migrants concernés par son ordonnance. Celle-ci s’applique à « toutes les personnes ayant été admises à tout moment aux États-Unis sous statut de libération conditionnelle ». Depuis l’an dernier, plus de 500.000 ressortissants de Cuba, du Nicaragua, d’Haïti et du Venezuela auraient bénéficié de ce programme, auquel s’ajoutent d’autres ressortissants originaires d’autres pays.
Cette décision intervient un jour après qu’un autre juge fédéral, Trina L. Thompson, en Californie du Nord, a également bloqué l’administration Trump dans sa tentative de retirer le Statut de protection temporaire (TPS) à quelque 60.000 migrants venus du Népal, du Honduras et du Nicaragua. Dans sa décision, la juge Thompson a dénoncé les effets persistants de la xénophobie et du racisme institutionnel auxquels ces communautés seraient confrontées sous le gouvernement actuel.

