Haïti : plus de 1.500 morts, 600 blessés et 45.000 déplacés en trois mois, selon l’ONU…

Jimmy Cherizier alias Barbecue, chef de la federation des gangs G-9 an Fanmi e Alye et porte-parole de Viv Ansanm...

PORT-AU-PRINCE, vendredi 1er août 2025 (RHINEWS)Plus de 1.500 personnes ont été tuées en Haïti entre avril et juin 2025 dans le contexte d’une violence armée galopante, a alerté vendredi la mission des Nations Unies dans le pays, qualifiant la situation des droits humains d’« extrêmement préoccupante ».

Dans son rapport trimestriel publié ce vendredi, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) précise que 1.520 personnes ont été tuées et 609 autres blessées, principalement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, mais également dans les départements de l’Artibonite et du Centre.

Au cours de la même période, 185 enlèvements et 628 cas de violences sexuelles ont été recensés. Les exactions sont majoritairement attribuées aux groupes criminels qui continuent d’étendre leur emprise au-delà de la capitale. Ces gangs utilisent des méthodes extrêmes pour maintenir leur contrôle : meurtres ciblés, viols collectifs, enlèvements, esclavage sexuel, traite d’enfants et exploitation sexuelle, selon le rapport.

Les violences ont aussi été alimentées par des opérations menées par les forces de sécurité contre les gangs. Selon les Nations Unies, plus d’un tiers des décès et blessuresrecensés seraient dus à l’usage de drones explosifs lors de ces interventions.

« Les exactions des groupes criminels représentent plus de 24 % des victimes recensées », souligne le BINUH, qui appelle le gouvernement haïtien à renforcer la lutte contre les gangs, tout en respectant les normes internationales relatives aux droits humains et à l’usage de la force.

Lors d’un point de presse à New York, Farhan Haq, porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, a exhorté la communauté internationale à soutenir le déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité dirigée par le Kenya :

« Nous nous joignons à nos collègues pour exhorter la communauté internationale à soutenir le déploiement complet de la Mission multinationale et à intensifier la lutte contre le trafic d’armes. »

Parallèlement, les violences ont contraint plus de 45.000 personnes à fuir leur domicile depuis le mois de juin, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ces nouveaux déplacés portent à près de 240.000 le nombre total de personnes déplacées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, dont 55 % sont des femmes.

Malgré une réponse humanitaire « gravement sous-financée », plusieurs agences de l’ONU poursuivent leur assistance. L’UNFPA indique avoir fourni à 12.600 personnes des services liés à la santé sexuelle et reproductive et à la lutte contre la violence basée sur le genre au cours des deux derniers mois.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA)appelle de son côté à une mobilisation immédiate des ressources pour élargir la réponse et protéger les populations les plus vulnérables.