États-Unis : un juge fédéral bloque les arrestations migratoires arbitraires en Californie…

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LOS ANGELES, (Californie), samedi 12 juillet 2025 (RHINEWS ) — Une juge fédérale a ordonné vendredi au gouvernement Trump de suspendre immédiatement les arrestations migratoires jugées arbitraires dans sept comtés de Californie, dont celui de Los Angeles, au cœur d’une vive controverse sur les pratiques discriminatoires des autorités fédérales en matière d’immigration.

Cette décision intervient à la suite d’une plainte déposée par plusieurs groupes de défense des droits des immigrants, appuyés par trois travailleurs sans papiers et deux citoyens américains, qui accusent l’administration Trump de cibler systématiquement les personnes à la peau foncée, notamment les Latino-Américains, dans le sud de la Californie. L’un des plaignants, citoyen américain, affirme avoir été détenu malgré la présentation de ses papiers d’identité.

« Le gouvernement utilise des tactiques inconstitutionnelles pour mener des descentes fondées sur la race, sans mandat, et en refusant l’accès à un avocat », a dénoncé Me Mohammad Tajsar de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Il cite le cas de Brian Gavidia, citoyen américain, « physiquement agressé uniquement parce qu’il était latino et travaillait dans une fourrière située dans un quartier à majorité hispanique ».

La juge Maame E. Frimpong, siégeant au tribunal fédéral de Los Angeles, a estimé qu’il existait « une montagne de preuves » que les agents fédéraux violaient le quatrième et le cinquième amendement de la Constitution. Dans une ordonnance distincte, elle a également interdit aux autorités de restreindre l’accès des avocats aux détenus dans un centre de rétention de la ville.

Du côté du gouvernement fédéral, la réaction ne s’est pas fait attendre. « Aucun juge fédéral n’a le pouvoir de dicter la politique migratoire du pays », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Abigail Jackson. « Cette décision constitue un excès de pouvoir judiciaire que nous entendons contester en appel. » Tricia McLaughlin, du Département de la Sécurité intérieure, a qualifié les accusations de ciblage racial de « fausses et répugnantes », affirmant que « chaque opération repose sur une planification rigoureuse et des informations concrètes ».

Pourtant, les témoignages d’arrestations massives sur la base de l’apparence physique s’accumulent. La plainte mentionne des rafles dans des marchés aux puces, des parkings de Home Depot ou encore des stations de lavage automobile, où des agents fédéraux auraient interpellé « toute personne ayant l’air hispanique ». Selon l’ACLU, les récentes opérations ont été motivées par un « quota arbitraire d’arrestations » basé sur des stéréotypes raciaux.

La tension est montée d’un cran jeudi lorsque des bus entiers de travailleurs ont été arrêtés dans le comté de Ventura, alors qu’une audience se déroulait au tribunal. Ces interpellations, menées sur une ferme de cannabis, ont provoqué des affrontements avec des manifestants, faisant plusieurs blessés.

Depuis plusieurs semaines, l’administration Trump intensifie sa campagne de répression, avec des arrestations observées dans des entreprises, des cours de justice et même des zones résidentielles. Ces actions ont suscité de vastes mobilisations dans le sud de la Californie, où des milliers de personnes ont dénoncé la présence accrue de la Garde nationale et des Marines.

La décision du tribunal constitue une victoire temporaire pour les défenseurs des droits des immigrants, le temps que le procès suive son cours. Elle met néanmoins en lumière les profondes divisions autour de la politique migratoire du gouvernement fédéral et relance le débat sur le respect des droits fondamentaux dans l’application des lois sur l’immigration.