SANTO DOMINGO, samedi 12 juillet 2025 (RHINEWS) – Le collectif #HaitianosRD a lancé un appel urgent à l’État dominicain pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’« état d’exception de facto » imposé aux personnes migrantes d’origine haïtienne, dénonçant de graves violations des droits humains. Cette intervention a été faite dans le cadre du dialogue national intitulé « La crise haïtienne et ses implications pour la République dominicaine », convoqué par le président Luis Abinader et les anciens chefs d’État Danilo Medina, Leonel Fernández et Hipólito Mejía, sous l’égide du Conseil économique et social (CES).
Dans une proposition remise aux autorités dominicaines, le collectif alerte sur une situation critique de violations systématiques, notamment des « déportations massives arbitraires, des perquisitions illégales, des détentions fondées sur le profil racial, des conditions de détention inhumaines, ainsi que des cas documentés de tortures, meurtres et violences sexuelles commises par des agents de l’État ».
« L’État dominicain doit mettre un terme à la politique de persécution et de haine raciale envers la communauté haïtienne », affirme le collectif dans son intervention écrite. Il appelle au respect des garanties constitutionnelles et des traités internationaux en matière de droits humains, ratifiés par la République dominicaine.
Le collectif rappelle que la migration haïtienne joue un rôle historique et fondamental dans le développement économique du pays. « La population immigrante ne représente pas une charge, mais une contribution économique, sociale et culturelle », souligne-t-il, en mentionnant que les migrants haïtiens participent à hauteur de 7,4 % du produit intérieur brut dominicain, principalement dans les secteurs de l’agriculture et de la construction.
Il déplore par ailleurs l’absence de mécanismes de migration légale et ordonnée, qui pousse de nombreuses personnes vers des réseaux de trafic et de traite. Le retrait du projet de loi contre la traite des personnes, sous la pression de secteurs ultraconservateurs, est qualifié de « signal inquiétant d’impunité et de désengagement de l’État ».
Le collectif demande l’arrêt immédiat des déportations massives, le retrait des agents de la Direction générale de la migration des hôpitaux publics, ainsi que la mise en œuvre d’un plan de régularisation migratoire « basé sur des critères clairs, justes et transparents », dans le cadre des discussions en cours avec le pouvoir exécutif, les partis politiques et les représentants du secteur privé au sein du CES.
« Toute solution durable doit inclure les travailleurs, leurs familles et toute personne migrante présente sur le territoire national qui souhaite régulariser son statut », insiste le collectif. Il plaide pour que ce processus soit conforme à la Loi générale de migration 285-04 et permette aux bénéficiaires d’obtenir un statut de résident, avec une évaluation individuelle, familiale et sans discrimination.
En résumé, le collectif #HaitianosRD exige du gouvernement dominicain et du CES quatre mesures urgentes :
– Le respect de la dignité humaine et la fin immédiate de l’état d’exception de facto.
– La mise en œuvre d’un processus extraordinaire de régularisation migratoire fondé sur la législation existante.
– L’arrêt des expulsions arbitraires et du profilage racial, ainsi que le respect du droit à un procès équitable.
– L’accès indépendant des organisations de droits humains aux centres de détention comme celui de Haina, ainsi que le droit pour les détenus de recevoir la visite de leurs proches et de leurs avocats.
Selon #HaitianosRD, une politique migratoire fondée sur les droits humains est non seulement compatible avec le droit dominicain, mais également essentielle pour « renforcer la démocratie, la cohésion sociale et l’État de droit », dans un contexte de tension politique et diplomatique croissante entre les deux pays voisins.

