WASHINGTON, lundi 27 avril 2026 (RHINEWS) – L’ancienne élue démocrate Sheila Cherfilus-McCormick, qui a récemment quitté le Congrès sous la menace d’une expulsion, a engagé une nouvelle candidature pour reconquérir son siège dans la 20e circonscription de Floride.
Son dossier de candidature a été déposé le 17 avril, selon son entourage, qui précise qu’elle se présentera de nouveau sous l’étiquette du Parti démocrate.
La parlementaire a démissionné le 21 avril, quelques minutes avant une audition décisive du comité d’éthique de la Chambre des représentants, chargé de recommander d’éventuelles sanctions. Cette instance avait conclu à 25 violations des règles éthiques et de financement de campagne, notamment des accusations de détournement présumé d’environ 5 millions de dollars de fonds fédéraux d’aide en cas de catastrophe au profit de sa campagne de 2021.
L’enquête, menée sur une période de deux ans, a donné lieu à 58 assignations à comparaître, 28 auditions de témoins et l’examen de plus de 33 000 documents. Elle ouvrait la voie à une procédure disciplinaire pouvant aboutir à une expulsion.
Dans des déclarations antérieures, Sheila Cherfilus-McCormick a contesté les conclusions de l’enquête, dénonçant une « chasse aux sorcières » et estimant ne pas avoir bénéficié d’une procédure équitable.
Sa démission a entraîné l’interruption immédiate de la procédure disciplinaire au Congrès, le comité d’éthique n’ayant plus juridiction sur une élue ayant quitté ses fonctions. Elle reste toutefois visée par des poursuites fédérales, notamment pour détournement présumé de fonds publics, blanchiment d’argent et infractions au financement électoral, des accusations pour lesquelles elle plaide non coupable.
Le départ de l’élue laisse vacant le siège de la 20e circonscription de Floride. Aucune date n’a encore été annoncée pour une élection partielle par le gouverneur de l’État, Ron DeSantis, tandis que les autorités législatives examinent parallèlement la possibilité d’un redécoupage électoral.
Au sein du Parti démocrate, plusieurs candidats ont déjà annoncé leur participation à la primaire, dont le rappeur Luther Campbell, ainsi que Mark Douglas, Maisha Williams, Dale Holness et Elijah Manley.
Ce dernier a critiqué le retour annoncé de l’ancienne élue, déclarant : « Sheila Cherfilus-McCormick a démissionné dans la disgrâce quelques instants avant que ses collègues ne s’apprêtent à l’expulser du Congrès. La dernière chose dont notre communauté a besoin est une nouvelle phase de chaos et d’instabilité. Elle devrait se concentrer sur ses problèmes judiciaires. »
Un stratège démocrate basé en Floride, s’exprimant sous couvert d’anonymat, estime néanmoins que l’ancienne représentante pourrait rester compétitive, en raison notamment de sa notoriété dans une circonscription couvrant des marchés médiatiques coûteux, de West Palm Beach à Fort Lauderdale. « Il faudrait consulter des avocats pour savoir si elle peut faire campagne depuis une cellule de prison, mais il n’est pas certain qu’il y ait quelqu’un dans cette circonscription capable de la battre si elle se présente à nouveau », a-t-il indiqué.
Toutefois, la candidature annoncée de Sheila Cherfilus-McCormick intervient dans un cadre juridique qui, aux États-Unis, n’interdit pas en soi à une personnalité mise en cause par la justice de briguer un mandat électif.
La Constitution des États-Unis fixe en effet des conditions d’éligibilité limitées pour les membres de la Chambre des représentants, portant essentiellement sur l’âge, la citoyenneté et la résidence. Aucune disposition constitutionnelle n’exclut explicitement une personne faisant l’objet de poursuites pénales ou d’accusations éthiques.
En outre, le principe de présomption d’innocence demeure applicable tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée, ce qui permet à un candidat de se présenter malgré des procédures judiciaires en cours.
Les sanctions disciplinaires internes au Congrès, telles qu’une expulsion ou une démission sous contrainte politique, ne constituent pas en elles-mêmes une inéligibilité. Elles relèvent du fonctionnement institutionnel du pouvoir législatif et n’affectent pas automatiquement les droits électoraux.
Toutefois, certaines situations peuvent limiter cette possibilité. Une condamnation pénale assortie d’une privation des droits civiques, selon la législation de la Floride, pourrait empêcher une candidature. De même, des dispositions constitutionnelles spécifiques, notamment en matière d’insurrection, prévoient des cas d’inéligibilité.
Dans ce contexte, la possibilité pour Sheila Cherfilus-McCormick de se présenter demeure, à ce stade, juridiquement ouverte, même si son avenir politique reste étroitement lié à l’évolution des procédures judiciaires engagées contre elle et aux dynamiques électorales au sein de sa circonscription.

