États-Unis : Markwayne Mullin annonce la poursuite des expulsions de Haïtiens après la fin du TPS…

DHS Secretary Markwayne Mullin Official Portrait (DHS photo by Tia Dufour)

WASHINGTON, dimanche 6 septembre 2026 (RHINEWS)- Les autorités américaines vont poursuivre les arrestations et les expulsions de ressortissants haïtiens dont le Statut de protection temporaire (TPS) a pris fin, a affirmé vendredi le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, qui a appelé les personnes concernées à quitter volontairement les États-Unis et à retourner en Haïti pour « reconstruire » leur pays.

S’exprimant lors d’une rencontre avec des responsables locaux, des représentants de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et des forces de l’ordre dans l’Ohio, M. Mullin a déclaré que les opérations engagées après la fin du TPS ne seraient pas interrompues. « Nous avons procédé à 380 arrestations à Springfield. Nous allons continuer à faire pression », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous encourageons tout le monde à rentrer chez soi. »

Le responsable américain a directement invité les Haïtiens concernés à retourner dans leur pays. « Votre État et votre pays ont besoin de vous. C’est là que vous devriez aller. Si vous voulez reconstruire votre pays, retournez-y et reconstruisez-le. Reprenez-le », a-t-il déclaré.

M. Mullin a défendu la décision de l’administration américaine de mettre fin au TPS, rappelant que ce dispositif avait été conçu comme une protection temporaire et non comme une voie permanente de séjour aux États-Unis. « Le TPS est exactement ce que son nom indique. Il est temporaire. Il n’a jamais été conçu pour être permanent », a-t-il affirmé, rappelant que la protection accordée à de nombreux Haïtiens remontait au séisme de 2010, survenu plus de quinze ans auparavant.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure a parallèlement exhorté les personnes qui n’ont plus de statut légal à privilégier le départ volontaire. « Nous vous donnerons 3.000 dollars et un billet d’avion. Rentrez chez vous », a-t-il déclaré. Selon lui, les personnes qui choisissent cette voie pourraient avoir ultérieurement la possibilité de solliciter une entrée légale aux États-Unis sous un autre statut, contrairement à celles qui seraient expulsées par les autorités.

« Si nous devons vous expulser parce que vous refusez de partir (…) vous ne reviendrez pas », a-t-il averti. Il a même déclaré que son objectif était de rendre aussi difficile que possible un retour légal aux États-Unis pour les personnes qui contraindraient l’administration à procéder à leur expulsion.

M. Mullin a également adressé une mise en garde aux Haïtiens qui continuent à travailler aux États-Unis après la fin de leur TPS en faisant valoir qu’ils disposent encore d’un permis de travail. Il a soutenu qu’un permis de travail ne conférait pas, à lui seul, un droit de séjour lorsque le statut migratoire qui le fondait avait pris fin.

« Si vous avez un permis de travail et que votre statut, votre visa, votre demande d’asile ou votre TPS a été annulé, ce permis de travail n’a plus d’importance », a-t-il déclaré. Il a également averti les employeurs qui continueraient à embaucher des personnes dépourvues de statut légal qu’ils pourraient enfreindre la législation américaine sur l’emploi.

« Si vous embauchez des personnes sans statut légal, c’est illégal en soi », a-t-il affirmé. Selon lui, les employeurs qui recruteraient des Haïtiens en se fondant uniquement sur la présentation d’un permis de travail, alors que leur statut migratoire aurait expiré ou été annulé, pourraient être considérés comme sachant qu’ils embauchent une personne sans statut légal.

Cette position intervient après la fin, fin juillet, du TPS accordé à plusieurs centaines de milliers de ressortissants haïtiens aux États-Unis. La mesure a supprimé, pour les personnes ne bénéficiant d’aucune autre protection ou base légale de séjour, la protection contre l’expulsion qui était associée au TPS.

À Springfield, dans l’Ohio, où la communauté haïtienne est particulièrement importante, M. Mullin a indiqué que les agents fédéraux avaient procédé à 380 arrestations liées à l’immigration. Il a insisté sur le fait que cette campagne allait se poursuivre. Les autorités locales estiment à environ 15.000 le nombre d’immigrants haïtiens installés dans la région.

Le durcissement de l’application de la politique migratoire concerne également la surveillance des migrants en procédure. Interrogé sur les demandes de la communauté haïtienne visant à mettre fin à l’utilisation des bracelets électroniques, notamment après le décès de Pierre Damas Bel, un jeune Haïtien de 20 ans à Springfield, M. Mullin a répondu que l’ICE continuerait à utiliser ces dispositifs dans les cas où les autorités les jugent nécessaires.

« Non », a-t-il répondu lorsqu’il lui a été demandé si l’ICE envisageait de renoncer aux bracelets électroniques. « Vous êtes en liberté conditionnelle et nous voulons nous assurer de savoir où vous êtes afin que vous vous présentiez à votre tribunal », a-t-il expliqué.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure a justifié cette surveillance par le nombre de migrants qui, selon les autorités, ne se présentent pas aux audiences devant les tribunaux de l’immigration. Il a indiqué que le choix entre bracelet électronique, dispositif porté au poignet, signalement téléphonique ou application mobile pouvait dépendre de chaque dossier.

« Je pense que c’est au cas par cas », a-t-il déclaré, précisant que les antécédents judiciaires, la situation migratoire, l’existence d’une demande de changement de statut et le respect des convocations judiciaires pouvaient notamment être pris en considération.

Interrogé sur le décès de Pierre Damas Bel, qui avait porté un bracelet électronique, M. Mullin a exprimé sa sympathie à l’égard de sa famille tout en rejetant toute responsabilité de l’administration dans ce qui s’est produit après la sortie du jeune homme de la garde des autorités.

« Cela me brise le cœur pour les parents », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous suivions nos procédures. Nous avons fait notre travail. » Il a également affirmé que le jeune homme « n’était pas sous notre garde » au moment de son décès.

Les déclarations de M. Mullin traduisent ainsi la volonté de l’administration américaine de maintenir la pression sur les ressortissants haïtiens ayant perdu leur TPS, en combinant arrestations, procédures d’expulsion, surveillance électronique et incitation financière au départ volontaire. Le responsable américain a clairement opposé le départ volontaire, présenté comme une possibilité de préserver d’éventuelles options migratoires futures, à l’expulsion forcée, qui pourrait entraîner des restrictions beaucoup plus importantes concernant un éventuel retour aux États-Unis.