États-Unis : le directeur intérimaire de l’ICE promet une intensification des arrestations d’immigrants en situation irrégulière et une répression accrue contre les employeurs illégaux…

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WASHINGTON, dimanche 20 juillet 2025 (RHINEWS)Le directeur par intérim de l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE), Todd Lyons, a affirmé que ses agents procéderaient à l’arrestation de toute personne présente illégalement sur le territoire des États-Unis, même en l’absence de casier judiciaire, tout en annonçant une intensification des contrôles sur les entreprises employant des travailleurs sans autorisation.

Dans une interview exclusive accordée à Face the Nation (CBS News), Lyons a indiqué que l’ICE continuerait à concentrer ses ressources sur les individus en situation irrégulière ayant un passé criminel, mais que les arrestations dites « collatérales » – touchant des personnes non ciblées initialement – seraient également renforcées. Il déplore que les politiques dites de « sanctuaires », mises en œuvre par certains États et municipalités, empêchent la coopération entre les forces locales et fédérales, obligeant ses agents à intervenir directement dans les communautés.

« Ce qui est frustrant pour moi, c’est que nous préférerions concentrer nos ressources limitées sur les étrangers criminels déjà détenus », a déclaré Lyons. « Mais nous sommes forcés d’aller dans les communautés faire ces arrestations, et c’est là que le nombre d’arrestations collatérales augmente. »

Sous l’administration Biden, ces arrestations collatérales avaient été restreintes. Mais avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, la politique a été renversée. L’ICE a reçu un mandat élargi et une injection de dizaines de milliards de dollars votée par le Congrès pour mener une campagne de déportation à grande échelle.

Selon Lyons, l’objectif fixé par la Maison-Blanche – un million d’expulsions par an – est atteignable. Au cours des six premiers mois de 2025, l’ICE aurait déjà procédé à près de 150 000 expulsions, dont environ 70 000 concernent des personnes ayant des antécédents judiciaires, parfois pour des infractions mineures liées à l’immigration ou à la circulation routière.

Malgré la mise en avant médiatique de cas de personnes condamnées pour meurtre ou viol, les méthodes de l’ICE suscitent de vives critiques. L’agence a notamment été dénoncée pour avoir procédé à des arrestations dans les tribunaux, lors d’audiences d’asile, ou encore pour ses descentes dans les lieux de travail et l’utilisation de masques par ses agents, une pratique que Lyons justifie par des raisons de sécurité.

Sous l’administration Trump, l’ICE a également mis fin au moratoire sur les descentes massives dans les entreprises. Ces dernières semaines, plusieurs opérations ont conduit à l’arrestation de centaines de travailleurs sans papiers dans une usine de conditionnement de viande au Nebraska, un hippodrome en Louisiane et des fermes de cannabis en Californie. Dans ces dernières, plus de 300 personnes ont été interpellées, dont dix mineurs.

Alors que des voix dans les milieux agricoles et hôteliers se sont inquiétées des conséquences économiques de ces opérations, une pause temporaire avait été imposée en juin sur les descentes dans les exploitations agricoles, les hôtels et les restaurants. Mais celle-ci n’a duré que quelques jours. Le président Trump a évoqué publiquement l’idée d’un « passe-droit » pour les exploitants agricoles, sans en détailler les modalités.

Todd Lyons a précisé que les opérations dans les lieux de travail continueront, notamment en se fondant sur des mandats judiciaires visant les employeurs soupçonnés de recourir à de la main-d’œuvre illégale. « Ce n’est pas un crime sans victime », a-t-il souligné, ajoutant que ces enquêtes révèlent souvent des cas de travail forcé ou de trafic de mineurs.

« Nous ne nous concentrons pas seulement sur les travailleurs en situation irrégulière », a insisté Lyons. « Nous ciblons aussi les entreprises américaines qui les exploitent. » Interrogé pour savoir si l’ICE tiendra réellement les employeurs responsables, il a répondu sans équivoque : « À cent pour cent. »