WASHINGTON, dimanche 28 juin 2026 (RHINEWS) – Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a défendu la décision de l’administration du président Donald Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) accordé à des centaines de milliers de ressortissants haïtiens et syriens, affirmant que ce programme « n’a jamais été conçu pour être permanent » et que les bénéficiaires disposent de plusieurs options, dont la demande d’un autre statut migratoire ou le retour volontaire dans leur pays d’origine.
Interrogé par le journaliste Jake Tapper lors d’une interview diffusée sur CNN sur le sort de plus de 350 000 bénéficiaires haïtiens et syriens du TPS, M. Mullin a rappelé que le caractère temporaire du programme est inscrit dans son appellation même.
« Le statut de protection temporaire n’a jamais été destiné à être permanent. Beaucoup de personnes sont arrivées il y a quinze ou vingt ans sous le TPS et ont déjà changé de statut. Pendant toute la durée où elles étaient sous TPS, elles pouvaient demander un visa, demander la résidence permanente ou emprunter d’autres voies d’immigration », a-t-il déclaré.
Selon lui, la fin du TPS ne signifie pas automatiquement une expulsion immédiate de tous les bénéficiaires.
« Ces personnes ont plusieurs choix. Elles peuvent essayer d’obtenir un statut de résident permanent, demander un visa temporaire si elles y sont admissibles ou choisir de retourner dans leur pays. Si elles souhaitent rentrer, nous les aiderons à le faire », a expliqué le secrétaire.
Il a précisé que l’administration américaine prévoit d’offrir une assistance financière aux personnes qui accepteront un retour volontaire.
« Nous leur fournirons un billet d’avion ainsi qu’environ 2 100 dollars pour les aider à se réinstaller lorsqu’elles arriveront dans leur pays », a-t-il indiqué.
Interrogé sur la possibilité pour les bénéficiaires du TPS de demeurer légalement aux États-Unis en déposant une demande de résidence permanente ou un autre visa, M. Mullin a répondu que cette possibilité dépendrait uniquement des critères prévus par la législation américaine.
« Vous êtes autorisés à déposer une demande, mais cela ne signifie pas qu’elle sera acceptée », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que plusieurs facteurs seront examinés, notamment le casier judiciaire du demandeur, d’éventuelles poursuites pénales ainsi que sa situation financière.
« Si vous avez été inculpé d’un crime grave ou si vous avez un passé criminel, ces demandes ne seront pas acceptées. Si vous vivez grâce aux programmes sociaux financés par les contribuables, ces demandes ne seront pas acceptées non plus. En revanche, si vous avez occupé un emploi à temps plein, certaines dispositions peuvent s’appliquer, mais vous devrez suivre les mêmes procédures que tout autre immigrant souhaitant venir légalement aux États-Unis », a-t-il expliqué.
Jake Tapper a ensuite souligné que le Département d’État américain maintient toujours un avis de niveau 4 déconseillant tout voyage en Haïti en raison de l’extrême insécurité, rappelant que les violences des gangs, les enlèvements, les viols et les homicides demeurent généralisés dans le pays.
Le journaliste a également évoqué les données des Nations unies et d’organisations de défense des droits humains faisant état de plus de 8 100 personnes tuées en Haïti l’an dernier, de plus de 1 200 cas de violences sexuelles recensés ainsi que d’environ 1,4 million de déplacés internes.
En réponse, le secrétaire a estimé que l’avis du Département d’État vise essentiellement les citoyens américains souhaitant se rendre en Haïti et ne constitue pas nécessairement une évaluation des risques encourus par les Haïtiens eux-mêmes.
« Cet avis de ne pas voyager concerne les Américains. Les gangs enlèvent ou tentent d’enlever des citoyens américains parce qu’ils pensent que leurs familles pourront payer une rançon. Nous avons également des avis similaires pour certaines régions du Mexique. Cela ne signifie pas que ces endroits sont nécessairement dangereux pour les personnes qui y vivent », a déclaré M. Mullin.
Questionné sur les modalités pratiques des expulsions alors que l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) interdit toujours les vols commerciaux vers Port-au-Prince en raison des risques sécuritaires, le secrétaire a assuré que son département dispose d’autres moyens logistiques.
« Nous avons des vols de rapatriement qui peuvent desservir des zones où les vols commerciaux ne peuvent pas opérer. Nous nous attendons à avoir des avions bien remplis vers Haïti et vers d’autres pays dont le TPS a été supprimé », a-t-il affirmé.
M. Mullin a également soutenu que le retour des bénéficiaires du TPS pourrait contribuer à la reconstruction de leur pays.
« Nous voulons que ces personnes soient rapatriées dans leur pays. Peut-être pourront-elles contribuer à le reconstruire. C’est vrai pour la Syrie comme pour Haïti. Si nous voulons réellement que ces pays réussissent, ils ont besoin que leurs meilleurs citoyens vivent de nouveau chez eux. Nous allons les aider dans cette démarche », a-t-il déclaré.
Le secrétaire a par ailleurs estimé que certains bénéficiaires du TPS présents depuis de nombreuses années aux États-Unis avaient eu suffisamment de temps pour régulariser durablement leur situation migratoire.
« Certains sont ici depuis dix-huit ans, vingt ans ou même trente ans. Ils ont eu largement le temps de régulariser leur statut aux États-Unis. Ils ont simplement choisi de ne pas le faire », a-t-il soutenu.
Il a également affirmé que d’autres migrants étaient arrivés plus récemment sous l’administration de l’ancien président Joe Biden en profitant, selon lui, d’une politique migratoire trop permissive.
« Le président a été très clair : ceux qui viennent légalement aux États-Unis doivent pouvoir contribuer au pays et ne pas devenir une charge pour les contribuables », a conclu M. Mullin.
Ces déclarations de Mullin interviennent quelques jours après la décision de la Cour suprême des Etats-Unis autorisant l’administration Trump à mettre fin aux protections contre l’éloignement accordées aux bénéficiaires haïtiens et syriens du TPS, une mesure qui concerne plusieurs centaines de milliers de personnes vivant et travaillant légalement aux États-Unis depuis de nombreuses années.

