TÉHÉRAN, lundi 4 mai 2026 (RHINEWS)– Les autorités des Émirats arabes unis ont indiqué lundi que l’Iran avait lancé sa première attaque de missiles et de drones contre leur territoire depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu avec les États-Unis le 8 avril, tout en visant également des navires dans le détroit stratégique d’Ormuz. Selon Abou Dhabi, deux drones iraniens ont notamment été tirés contre un bâtiment maritime, sans faire de victimes.
L’armée américaine a affirmé que deux navires commerciaux avaient pu traverser le détroit en toute sécurité dans le cadre de l’opération « Project Freedom », annoncée par le président Donald Trump pour escorter les bâtiments bloqués dans le Golfe. Des responsables militaires ont toutefois précisé que des missiles et drones iraniens avaient visé des navires sous protection américaine.
Le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, a déclaré que les forces iraniennes avaient « lancé plusieurs missiles de croisière, drones et embarcations rapides contre les navires que nous protégeons », ajoutant que « chacune de ces menaces a été neutralisée grâce à l’emploi précis de moyens défensifs ». Il a également indiqué que « les États-Unis ont détruit six petites embarcations iraniennes » ayant tenté d’interférer avec les opérations.
De son côté, Téhéran a contesté ces affirmations, affirmant par le biais de son agence officielle que ses forces avaient seulement effectué des « tirs d’avertissement » contre un destroyer américain approchant la zone.
Dans ce contexte de tensions, le président Donald Trump a déclaré à la chaîne Fox News que si l’Iran s’en prenait à des navires américains dans le détroit, ils seraient « rayés de la surface de la Terre ». Il a également affirmé que les forces iraniennes « montrent davantage de souplesse qu’auparavant », tout en qualifiant le blocus naval américain en cours de « plus grande manœuvre militaire de l’histoire ».
Sur le plan diplomatique, l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a annoncé que les États-Unis, avec Bahreïn et d’autres alliés du Golfe, préparaient un projet de résolution au Conseil de sécurité visant à « demander des comptes à l’Iran » pour son contrôle prolongé du détroit d’Ormuz. Le texte, encore non publié, exigerait notamment la fin du déploiement de mines marines et la divulgation de leur emplacement, sans préciser les mécanismes d’application.
Cette initiative intervient après l’échec d’un précédent projet de résolution, bloqué par la Chine et la Russie peu avant l’annonce du cessez-le-feu début avril.
Parallèlement, le régime iranien a indiqué avoir reçu une réponse américaine à sa dernière proposition de paix en 14 points, destinée selon lui à mettre fin au conflit. Le président Donald Trump a toutefois estimé durant le week-end qu’il rejetterait probablement cette offre, jugeant que l’Iran « n’a pas payé un prix suffisamment élevé ».
Sur le terrain, les autorités omanaises ont rapporté qu’une attaque ayant visé un bâtiment résidentiel dans la péninsule de Musandam, à proximité du détroit, avait blessé deux travailleurs étrangers et endommagé plusieurs véhicules. « Les autorités compétentes enquêtent actuellement sur les circonstances de l’incident », a indiqué l’agence de presse officielle, ajoutant qu’elles restaient engagées à « prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents ».
Enfin, le président Donald Trump a affirmé que l’Iran avait endommagé un cargo sud-coréen en tirant « sur des nations non impliquées », tout en appelant Séoul à rejoindre l’opération militaire américaine. Selon lui, « en dehors du navire sud-coréen, aucun autre dommage n’a été enregistré à ce stade dans le détroit ».
Téhéran maintient pour sa part que le détroit d’Ormuz est fermé et que seuls les navires autorisés par ses forces armées peuvent y circuler, tandis que Washington affirme conserver le contrôle total de cette voie maritime essentielle au commerce mondial.

