Des pasteurs de Floride exhortent les élus républicains à rétablir le TPS pour les Haïtiens après une décision de la Cour suprême…

Marlene Bstien en noir, gauche entouree de jeunes haitiennes

TALLAHASSEE, jeudi 9 juillet 2026 (RHINEWS)– Un groupe de responsables religieux de Floride a appelé les principaux élus républicains de l’État et du Congrès américain à intervenir en faveur des bénéficiaires haïtiens du Statut de protection temporaire (TPS), après une récente décision de la Cour suprême des États-Unis autorisant l’administration du président Donald Trump à mettre fin à cette protection.

Réunis à Tallahassee, le révérend Dr. R.B. Holmes Jr. et plusieurs autres pasteurs ont exhorté le gouverneur Ron DeSantis, les sénateurs fédéraux Rick Scott et Ashley Moody ainsi que les membres républicains du Congrès à soutenir des mesures permettant aux Haïtiens concernés de conserver leur droit de vivre et de travailler légalement aux États-Unis.

« La Cour suprême s’est trompée. Nous devons parler avec justice. Nous ne devons pas déporter les Haïtiens. Nous devons ouvrir nos cœurs et les accueillir », a déclaré le révérend Holmes lors d’une conférence de presse.

Les responsables religieux ont estimé que les bénéficiaires haïtiens du TPS, dont beaucoup vivent aux États-Unis depuis de nombreuses années, ont contribué au développement économique du pays, paient des impôts et participent activement à la vie de leurs communautés. Ils ont plaidé en faveur d’une solution législative offrant une protection durable, voire une voie vers la résidence permanente pour les personnes concernées.

Dans une lettre adressée aux sénateurs Rick Scott et Ashley Moody, les pasteurs demandent au Congrès d’examiner une initiative permettant de maintenir la protection des ressortissants haïtiens. Selon eux, aucune réponse ne leur était parvenue au moment de leur intervention publique.

La mobilisation intervient après une décision de la Cour suprême autorisant l’administration fédérale à poursuivre le processus de suppression du TPS pour les ressortissants haïtiens et syriens. Les juges ont estimé que la législation encadrant ce programme limite considérablement les possibilités de contrôle judiciaire des décisions prises par le département de la Sécurité intérieure concernant l’octroi ou la fin de ce statut.

Créé par le Congrès américain en 1990, le Temporary Protected Status permet à des ressortissants étrangers déjà présents sur le territoire américain de demeurer légalement aux États-Unis lorsque leur pays d’origine est confronté à un conflit armé, une catastrophe naturelle ou d’autres circonstances exceptionnelles empêchant un retour en toute sécurité. Les bénéficiaires obtiennent une protection contre l’expulsion ainsi qu’une autorisation de travail pendant la durée de validité du programme.

Selon les autorités américaines, plus d’un million de personnes originaires de plusieurs pays bénéficient actuellement du TPS, dont plusieurs centaines de milliers d’Haïtiens.

La perspective de la suppression de cette protection continue de diviser les responsables politiques américains. Le représentant républicain de Floride Bernie Jacques, d’origine haïtienne, a défendu la position de l’administration Trump, estimant que le caractère temporaire du programme devait être respecté et que le gouvernement fédéral disposait du pouvoir d’y mettre un terme.

À l’inverse, le représentant républicain Carlos Giménez, élu de Miami-Dade où réside une importante communauté haïtienne, a jugé qu’une telle décision constituerait « une grave erreur », estimant que les conditions actuelles en Haïti ne permettent pas un retour sûr des migrants. Il soutient une proposition de loi visant à prolonger le TPS accordé aux Haïtiens jusqu’en 2029.

Les organisations de défense des droits des immigrés rappellent que la crise sécuritaire et humanitaire en Haïti demeure particulièrement grave, marquée par l’expansion des groupes armés, les déplacements massifs de population, l’effondrement de nombreux services publics et une insécurité alimentaire persistante. Elles estiment que le renvoi des bénéficiaires du TPS les exposerait à des risques importants.

Au-delà des préoccupations humanitaires, plusieurs économistes soulignent également que les travailleurs haïtiens occupent une place importante dans plusieurs secteurs de l’économie américaine, notamment les soins de santé, l’aide à domicile, l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment et les services, où ils contribuent à atténuer les pénuries de main-d’œuvre.

Si la décision de la Cour suprême constitue une victoire juridique pour l’administration Trump, elle ne met pas fin aux procédures engagées devant les juridictions fédérales. Plusieurs recours demeurent en cours concernant les modalités d’application de la suppression du TPS, tandis que des élus et des organisations poursuivent leurs démarches afin d’obtenir une solution législative pour les bénéficiaires haïtiens.