Des partis politiques et organisations sociales dénoncent une « atteinte à l’indépendance » du CEP et appellent à la sauvegarde du processus électoral…

Symbole du CEP...

PORT-AU-PRINCE, samedi 6 juin 2026 (RHINEWS) – Un regroupement de partis politiques, d’organisations sociales et de personnalités publiques a publié une déclaration conjointe dans laquelle il critique la gestion du processus électoral par le pouvoir exécutif et exprime son soutien au Conseil électoral provisoire (CEP), qu’il estime confronté à une remise en cause de ses prérogatives constitutionnelles.

Dans ce document intitulé « Déclaration solennelle des forces politiques et sociales de la République pour le salut de la République et la sauvegarde du processus électoral », les signataires, dont le RDNP, l’EDE, l’UNSMT, Debout Citoyen, Nouvelle Orientation, le SDP, l’INITE, KORE-N, INFOS, PALMIS, le PPTL, le RPFPP, la Plateforme Solidarité, l’AHTM, Influence, SSH, YLLP ainsi que d’autres regroupements et personnalités de la société civile, affirment que le pays traverse « l’un des moments les plus critiques de son histoire contemporaine » et reprochent à l’exécutif de s’être éloigné de sa mission première consistant à rétablir les conditions sécuritaires nécessaires à la tenue d’élections.

« La mission exclusive et fondamentale de l’actuel pouvoir exécutif était de rétablir un climat de sécurité permettant le retour à l’ordre constitutionnel par l’organisation d’élections libres, honnêtes et inclusives en 2026 », écrivent-ils, estimant qu’en s’éloignant de cet objectif, le pouvoir « abdique sa responsabilité première envers le peuple haïtien ».

Les signataires rappellent également que, selon eux, le CEP demeure l’unique institution habilitée à organiser et diriger les opérations électorales. Ils soulignent que « conformément à l’article 191 de la Constitution, le CEP est l’organe constitutionnel chargé, en toute indépendance, de la gestion et de la direction des opérations électorales ».

La déclaration affirme que l’indépendance du Conseil électoral n’est « pas une option, mais le socle même de la légitimité et de la crédibilité des résultats à venir ».

Les organisations signataires soutiennent par ailleurs que les tensions apparues entre l’exécutif et le CEP ne relèvent pas d’un simple différend institutionnel. « Alors que la nation aspire légitimement au renouvellement du personnel politique, le pouvoir exécutif a délibérément suscité un conflit ouvert avec le CEP au sixième mois de l’année 2026 », indique le texte.

Le document va plus loin en accusant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de chercher à prendre le contrôle du processus électoral. Les auteurs dénoncent notamment « la publication d’un décret inconstitutionnel transférant les prérogatives du CEP à un Directeur général », estimant que cette mesure aurait eu pour effet de « neutraliser l’organe électoral » et de le réduire « au rôle de simple spectateur ».

Selon eux, cet acte « constitue une rupture brutale de l’ordre démocratique ».

Les signataires lancent également un appel à la communauté internationale afin qu’elle poursuive son soutien au CEP « dans sa lutte pour la défense de ses prérogatives constitutionnelles ».

Ils invitent par ailleurs les différents secteurs de la société à se mobiliser. « Face à cette dérive autoritaire, nous appelons les forces vives de la nation — syndicats, organisations de la société civile, secteur privé, forces sociales, citoyennes et citoyens — à se lever avec dignité », déclarent-ils.

La déclaration se conclut par un rejet de toute tentative présumée de contrôle du processus électoral par l’exécutif. « Nous disons NON à la capture du processus électoral par le Premier ministre Fils-Aimé. Nous rejetons par avance toute mascarade électorale orchestrée au mépris de la loi », écrivent les signataires, qui réclament « le rétablissement immédiat de l’indépendance du CEP » ainsi que « des conditions réelles pour des élections crédibles, transparentes et souveraines ».