QUARTIER-MORIN, samedi 18 avril 2026 (RHINEWS) – L’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, a qualifié de « tragédie patrimoniale » le drame survenu le 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière, dénonçant dans un texte une série de défaillances institutionnelles et sociales ayant conduit à une bousculade meurtrière sur ce site historique classé au patrimoine mondial.
Dans une description mêlant éléments symboliques et analyse critique, l’auteur évoque une atmosphère lourde et annonciatrice du drame, où « seules des logiques criminelles, enracinées dans la faillite des institutions […] en concevaient dans le silence l’architecture du désastre ». Selon lui, les signes précurseurs ont été ignorés dans une société où « la vigilance se dissout dans l’indifférence ordinaire ».
Le drame s’est produit à l’occasion d’un rassemblement festif promu par des influenceurs sur les réseaux sociaux, attirant une foule importante vers la forteresse construite entre 1805 et 1820 sous Jean-Jacques Dessalines et dirigée par Henri Christophe. L’ancien parlementaire rappelle que ce monument, perché à près de 910 mètres d’altitude, constitue un « bastion monumental de résistance et de souveraineté » dont l’accès étroit « forme un goulot d’étranglement stratégique ».
D’après le texte, près de 4 000 personnes ont convergé vers le site dans des conditions jugées chaotiques, marquées par une absence d’encadrement et une organisation défaillante. « Une mécanique chaotique, faite d’improvisation, de précarité et d’inconscience collective, démasque les failles de la gouvernance », écrit-il. L’affluence, non régulée, a transformé l’unique point d’accès en « véritable entonnoir humain », où « une bousculade, un mouvement de foule, une panique collective » ont déclenché la catastrophe.
Le bilan humain, encore évolutif selon l’auteur, fait état d’« au moins trente, quarante, cinquante, soixante morts, des blessés par dizaines, des disparus », soulignant une « comptabilité humaine qui s’alourdit au fil des heures ». Il estime que « ce ne sont ni des canons ni des armées qui ont fait des victimes, mais une foule livrée à elle-même, abandonnée, puis sacrifiée ».
Hugues Célestin met en cause l’absence de planification des autorités face à un événement pourtant prévisible. Il relève notamment le manque de dispositifs de secours, l’état dégradé des infrastructures, l’absence de coordination entre institutions publiques et la non-mobilisation d’unités spécialisées. « Un site d’une telle importance […] n’a fait l’objet d’aucune mesure de protection adéquate pour prévenir une catastrophe », affirme-t-il.
Il critique également la réaction des autorités après le drame, évoquant une visite ministérielle tardive et « un message creux et inconsistant ». Selon lui, « l’émotion officielle ne surgit qu’après l’irréparable », tandis que les responsabilités sont éludées au profit de sanctions ciblant des acteurs subalternes. « Elles […] désignent impitoyablement des coupables commodes plutôt que d’assumer leurs manquements », écrit-il.
Au-delà des responsabilités institutionnelles, l’ancien député pointe une dégradation du rapport à la culture et à la connaissance, affirmant que « certains producteurs de contenus numériques transforment le chaos en matière informationnelle » et privilégient « l’audience au détriment de la responsabilité ». Il souligne que de nombreux participants, notamment des jeunes, ignoraient les contraintes du site, révélant selon lui des lacunes dans l’éducation et la transmission.
L’auteur appelle à un audit indépendant pour établir les responsabilités et insiste sur la nécessité de mesures concrètes pour sécuriser le site, incluant « une gestion maîtrisée des flux humains, la limitation du nombre de visiteurs » et la mise en place de dispositifs d’urgence. Il plaide également pour une prise en charge « digne et humaine des victimes ».
Enfin, Hugues Célestin met en garde contre toute récupération politique du drame, dénonçant « ceux qui instrumentalisent cette tragédie pour se refaire une santé politique ». Il conclut en appelant à une reconstruction non seulement institutionnelle, mais aussi morale, estimant qu’il est urgent de « réapprendre le sens de la responsabilité et du respect de la vie humaine ».

